Gratuit
19 nov. – 23 déc. 2026.
Surnommé le peintre des estuaires et du vent, André Dauchez est un paysagiste reconnu en France et particulièrement en Bretagne. Artiste aux multiples talents, il était également graveur, illustrateur, photographe et navigateur… Entre Paris et le Finistère, qu’il a tant aimé, la peinture fut son havre de paix. Il s’est frayé son propre chemin d’heureuse quiétude au cœur d’une époque qui entrait dans une modernité turbulente.
De Paris à la Bretagne.
Issu d’une famille de juristes et de notaires, André Dauchez se forme à Paris — d’abord auprès du graveur Gaston Rodriguez, dès 1886, puis dans l’atelier du peintre Luc-Olivier Merson. En 1890, sa sœur Jeanne (artiste elle-même) épouse le peintre Lucien Simon. Une complicité artistique naît entre les deux beaux-frères. André Dauchez découvre la Bretagne en 1891 lors d’un séjour en famille. Son père acquiert en 1894 la propriété de Ker Gaït à Bénodet. Cette belle et vaste demeure à l’embouchure de l’Odet devient un lieu de villégiature estivale et familiale. Dauchez vit ses premières expériences de navigation avec son père. La voile, les régates, la pêche, la nature encore sauvage nourrissent le regard et le tempérament du jeune parisien. Cette rencontre avec le Finistère et son littoral le marque profondément.
À Paris, l’appartement-atelier d’André Dauchez était situé au 14 rue Saint-Guillaume, dans le 7e arrondissement. Suivant un parcours classique, il expose au Salon de la Société nationale des Beaux-arts (1894), dont il deviendra sociétaire puis président. En 1898, il se marie avec Marie-Thérèse Le Liepvre à l’église Notre-Dame-des-Champs, à Montparnasse. De leur union naîtront huit enfants. En 1900, André Dauchez fait partie des membres fondateurs de la Société nouvelle de peintres et de sculpteurs. Il expose alors régulièrement ses toiles dans la célèbre galerie Georges Petit. Dans le Paris de la Belle Époque, l’effervescence artistique est palpable. Le vent de l’impressionnisme et la pratique du plein air ont apporté un souffle nouveau et libérateur. André Dauchez est porteur de ces deux héritages — celui de sa formation académique et celui de l’impressionnisme. Lucien Simon et André Dauchez vont pourtant prendre leur distance avec le post-impressionnisme. Au cercle de la « Bande noire », sous l’impulsion de Charles Cottet, ce petit groupe d’amis rattaché à la Bretagne et au monde de la mer, se démarque par l’emploi d’une palette sombre. Dans la lignée de Courbet, bannissant les sujets idéalisés, la « Bande noire » revendique une peinture réaliste, montrant toute l’obscurité et les difficultés du quotidien.
En 1903, André Dauchez achète un terrain à Loctudy, dans le Finistère sud. Il fait construire sa maison-atelier sur la dune de la Palud du Cosquer. Ce pays d’Armor partagé entre ciel et mer irrigue son œuvre. Passionné également de navigation à voile, Dauchez possèdera cinq bateaux : le Sprat, l’Aventure, la Rose des Vents, l’Embellie et la Grande Ourse. En 1928, il illustrera (entre autres) l’ouvrage d’André Chevrillon, La mer dans les bois, de 77 gravures à l’eau-forte.
Dans la capitale, Dauchez devient un peintre reconnu ; ses envois dans les différents salons, en France mais aussi en Europe et en Amérique lui valent de nombreuses distinctions honorifiques : il est médaillé d’argent à l’Exposition universelle de Paris (1900) ; chevalier de la Légion d’honneur (1911) ; peintre de la Marine (1922) ; président de la Société nationale des Beaux-Arts (1931) ; officier de la Légion d’honneur (1932) …
« Par les champs et par les grèves… »
De Rennes à Douarnenez, André Dauchez a peint une Bretagne préservée et rêvée. Son œuvre, sensible et rigoureuse, est dotée du sentiment de la nature. Elle unit le ciel, la mer et la terre. Sa peinture est souffle, elle raconte l’histoire du vent et de la lumière. Dauchez nous embarque sur un bateau qui descend le fleuve jusqu’à la mer, de l’obscurité à la clarté. De grands pins s’élèvent et habillent élégamment le ciel. Rives et rivages, André Dauchez peint la bordure du monde, le côtier et le familier. Ses paysages, vastes et profonds, sont à la fois calmes et mouvementés. Entre ordre et liberté, l’eau s’écoule comme le temps qui passe.