Vernissage le 10 septembre 2026, de 18h à 20h30
A 77 ans, l’artiste-photographe, auteur, écrivain et éditeur signe son grand retour à Polka avec une exposition rétrospective d’envergure, doublée d’un livre dans lesquels il se joue de la Dolce Vita comme un clin d’oeil assumé à ce qui reste une oeuvre fondatrice pour Claude Nori. Fasciné par le dernier plan du film de Fellini sur le visage de Paola appelant en vain Marcello Mastroianni, il avoue que cette image ne l’a jamais quitté, devenant même une source d’inspiration, l’art de regarder le monde avec une nostalgie lumineuse, une poésie des souvenirs.
« Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la photographie en elle-même mais tout ce que je peux mettre dedans : mes souvenirs, mes amours, les films qui m’ont ému, les spaghetti que j’ai roulé avec ma fourchette, les musiques et les chansons qui m’ont rendu plus beau que je ne suis, les écrits qui ont changé la couleur de la mer jusqu’aux histoires que je m’invente pour rester en vie. » Claude Nori
« Paola sur la plage, avec son sourire énigmatique, est venue souvent se superposer à mes cadrages, comme une musique intérieure explique Claude Nori. J’ai toujours cherché dans mes photographies les décors naturels que des cinéastes avaient repérés ou inventés pour faire vivre leurs histoires et que je me suis appropriés pour raconter les miennes. Et peutêtre dépasser le regret que j’ai ressenti en regardant Marcello tourner le dos à la beauté. »
Pourtant, derrière la douceur de vivre, la Dolce Vista tourne le dos à la Dolce Vita, ce mode de vie insouciant et sensuel auquel ses images sont souvent associées alors qu’elles ont finalement peu à voir avec son travail plus intime lié aux sentiments amoureux et à l’adolescence. Ses photographies, souvent en suspend, entre absence et présence, ouvrent la voie à de nouvelles histoires inspirées par le cinéma néo-réaliste ou la Nouvelle Vague française mais aussi la photobiographie dont le créateur des éditions Contrejour, qui a marqué l’histoire du livre de photographie en France, fut aussi l’un des fondateurs.
L’exposition réunit une sélection de photographies iconiques en noir et blanc et couleurs de Claude Nori mais aussi des images inédites issues d’une relecture de ses planches contacts depuis les années 70. Les corps s’évitent, se frôlent ou se rejoignent, les amoureux s’enlacent, les femmes s’interrogent sur leur destin, les hommes sont maladroits et prennent la pose timidement, les groupes d’amis laissent éclater leur joie d’être ainsi photographiés. Des plages de l’Adriatique ou de la Costa Brava aux jardins du Luxembourg en passant par la Sicile et le Pays basque, surgissent des lieux souvent anonymes, gravés dans sa mémoire de cinéphile ou de lecteur de roman-photos.
Cette promenade romanesque met en évidence le regard moderne et élégant d’un artiste de la photographie, qui, au fil des années, dévoile une esthétique de l’instant intime où la beauté surgit moins des choses que de l’attention tendre et pudique posée sur elles. Quinze ans après l’hommage majeur que lui a rendu la Maison Européenne de la Photographie, la Dolce Vista est la première grande rétrospective consacrée à Claude Nori en galerie. Les tirages noir et blanc sont réalisés selon des procédés traditionnels, exposés à l’agrandisseur et tirés sur des papiers gélatinoargentiques. De nombreuses épreuves proviennent aussi des archives personnelles de Claude Nori, dont elles sont exhumées pour la première fois.