Cécile Vernant déploie son univers insulaire sur 150m2. Peintures, dessins, photographies et céramiques dialoguent en cadavre exquis. La Martinique, où elle a grandi, est le coeur même de son travail.
L’artiste est guidée par l’émotion, le rythme, la matière, la mémoire, les lumières et le désir ardent de retranscrire l’immensité de cette petite géographie. Nul besoin ici d’hyperboles et / ou de réferences explicatives : le pouvoir de l’imagination et l’évocation des sensations d’enfance constituent sa boussole.
La frontière entre figuration et abstraction est plus que ténue, permettant une grande liberté d’interprétation à celui qui regarde et surtout la rencontre avec l’Autre. Son travail est visuel mais aussi tactile, travaillant la terre avec des objets détournés de leurs fonctions (roches volcaniques, boulons, matériel de couture, manganèse etc) et ce, au gré des saisons tropicales (saison sèche, intersaison et saison des pluies).
Elle crée également des passerelles avec le Japon, autre géographie insulaire qui a de nombreux points communs avec le bassin caribéen (culture des cyclones et des volcans, archipels, réalisme magique…).
« Man Mélé ! » a plusieurs sens en créole. Pour cette exposition, l’artiste a retenu « Je suis envoutée », tant la beauté et la richesse de cette île chamboulent et hantent qui foule son sol.
Ile d’ailleurs très justement surnommée : L’île des revenants…
L’exposition a bénéficié de l’Aide à la création 2026 de l’ Académie des Beaux-Arts (Institut de France).