Du 18 septembre 2026 au 24 janvier 2027
Elle a peint la lumière de Beyrouth, façonné dans l’argile les dieux de Gilgamesh et publié les plus grandes voix de la poésie contemporaine. À 84 ans, Simone Fattal entre enfin dans un musée parisien — et c’est le Musée d’Art Moderne qui lui ouvre ses portes, pour la première rétrospective de son œuvre jamais organisée dans la capitale.
Une première exposition parisienne pour une artiste majeure
À l’automne 2026, le Musée d’Art Moderne de Paris (MAM) met à l’honneur Simone Fattal, artiste née à Damas en 1942 et installée en France depuis de nombreuses années. Intitulée « Des villes au fond d’un lac », l’exposition réunit une centaine d’œuvres retraçant plus de cinquante ans de création : peintures de paysage, céramiques, sculptures et collages.
Il s’agit de la première rétrospective consacrée à Simone Fattal dans un musée parisien, un hommage tardif mais attendu pour une artiste pourtant largement reconnue à l’international.
Le parcours de l’exposition ne suit pas un ordre chronologique. Il est au contraire organisé en grands ensembles thématiques, invitant le visiteur à circuler librement entre les différentes facettes d’une œuvre plurielle et en perpétuel renouvellement.
Qui est Simone Fattal ?
Simone Fattal a d’abord suivi des études de philosophie, à l’École des Lettres de Beyrouth puis à la Sorbonne, avant de compléter sa formation à l’École du Louvre. C’est à Beyrouth, à la toute fin des années 1960, qu’elle commence réellement à peindre, s’attachant sans relâche à représenter les arbres, le littoral et les montagnes environnantes, dans une démarche qui flirte déjà avec l’abstraction.
En 1972, elle rencontre la poétesse et peintre libanaise Etel Adnan (1925-2021), avec qui elle partagera près de cinquante années de vie commune et de dialogue créatif.
La guerre civile libanaise la contraint à quitter Beyrouth en 1980. Elle s’installe alors à Sausalito, au nord de la baie de San Francisco, et met la peinture entre parenthèses pour se consacrer à une nouvelle aventure éditoriale : les éditions The Post-Apollo Press, fondées en 1982 et actives jusqu’en 2017. Leur nom, inspiré du programme spatial américain, traduit sa conviction d’assister à l’aube d’une nouvelle ère pour l’humanité.
C’est également en Californie qu’elle se tourne, à partir de 1988, vers la céramique, en suivant des cours au College of Marin puis au San Francisco Art Institute. De cette matière naissent des figures archaïques, aux formes humaines ou animales, puisées dans les grands récits mythologiques du bassin méditerranéen — de l’Épopée de Gilgamesh à l’Iliade et l’Odyssée.
Dans les années 2010, Simone Fattal referme le chapitre éditorial de The Post-Apollo Press et revient s’installer définitivement à Paris. La peinture de paysage refait alors surface, aux côtés de la sculpture et d’un travail de collage mêlant récits intimes et actualité du monde.
Les grands ensembles de l’exposition
Le parcours du MAM déploie l’œuvre de Simone Fattal en plusieurs séquences thématiques.
Les premières peintures de Beyrouth
De retour à Beyrouth en 1967 après ses études parisiennes, Simone Fattal s’initie seule à la peinture dès l’âge de vingt-cinq ans. Ses toiles de 1969-1970, inspirées par le mont Sannine et les cèdres du Chouf, révèlent des formes organiques proches de l’abstraction, dans une palette sourde dominée par les rouges et les bleus — héritée du goût de son père pour les tapis anciens.
La figure du guerrier
Apparue dans les années 1990, alors que Simone Fattal se tourne vers la sculpture, la figure du guerrier naît des traumatismes de la guerre du Liban. Pour l’artiste, ces silhouettes hiératiques ne sont pas des symboles de violence mais des figures protectrices et résistantes, dont la stylisation évoque les civilisations antiques méditerranéennes.
Mythologies antiques
Gilgamesh, Ishtar, Dionysos, Ulysse : les figures des grands récits fondateurs traversent l’œuvre sculpturale de Simone Fattal. L’exposition présente notamment une œuvre inédite, Humbaba (2026), gardien mythique de la forêt de cèdres tiré de l’Épopée de Gilgamesh, mis en dialogue avec la série d’encres monumentales La forêt (2023).
Collages et récits intimes
Apparus à la fin des années 1980, les collages de Simone Fattal superposent images d’archives, coupures de magazines et références à l’histoire de l’art. Ils portent la marque de son engagement constant vis-à-vis de la situation géopolitique du Proche-Orient.
The Post-Apollo Press
Une sélection d’une trentaine d’ouvrages retrace les trente années d’activité des éditions fondées par Simone Fattal. Le projet a notamment fait connaître des autrices comme Leslie Scalapino, Lyn Hejinian ou Marguerite Duras, ainsi que des auteurs du monde arabe tel que le poète soufi Rûmî.
Peintures blanches et paysages de lumière
À la fin des années 1970, depuis son atelier de Beyrouth, Simone Fattal observe les jeux de lumière sur la montagne et développe une palette de blancs et de roses subtils, avant de clore cette période avec Le Mont Sannine (1979).
Le vivant, entre fragilité et renaissance
Des vagues aux nuages, des floraisons aux figures de réfugiés, l’exposition explore l’attention constante de l’artiste au vivant, à la fragilité des existences et à la puissance régénératrice de la nature.
Constructions et architectures de mémoire
Depuis sa première « maison » sculptée en 1989, Simone Fattal développe une série de constructions inspirées des ziggourats mésopotamiennes et des temples grecs, entre vestiges antiques et ruines contemporaines. Le parcours se referme sur un ensemble de peintures abstraites aux motifs géométriques noirs sur fond blanc.
Pourquoi voir cette exposition ?
Une découverte, pas une redite. C’est la toute première exposition monographique de Simone Fattal dans un musée parisien. Une artiste internationalement reconnue, exposée dans de grandes institutions à l’étranger, mais restée étonnamment peu montrée en France — alors qu’elle vit à Paris depuis plus de dix ans.
Une œuvre à la croisée de plusieurs disciplines. Peinture, céramique, sculpture, collage, édition : rares sont les expositions qui permettent de voir un parcours aussi complet en une seule visite. On y suit la même sensibilité passer d’un médium à l’autre sur cinquante ans.
Une traversée de l’histoire par les mythes. Gilgamesh, Ishtar, Dionysos, Ulysse… les sculptures en terre cuite donnent corps aux grands récits fondateurs de la Méditerranée, avec une œuvre inédite créée pour l’occasion, Humbaba (2026).
Une œuvre traversée par l’exil et la guerre. Beyrouth, la Californie, Paris : le parcours de Simone Fattal est aussi celui d’un déracinement forcé. Ses guerriers, ses maisons-sculptures et ses figures de réfugiés parlent directement à notre époque, sans pathos ni discours frontal.
Une histoire d’amour et de création. L’exposition évoque en filigrane sa relation de près de cinquante ans avec la poétesse Etel Adnan, ainsi que son travail d’éditrice chez The Post-Apollo Press, qui a fait découvrir des voix majeures comme Marguerite Duras ou le poète soufi Rûmî.
Une scénographie libre, non chronologique. Le parcours est pensé par grands ensembles thématiques plutôt que par ordre chronologique — une façon de circuler dans l’œuvre plus intuitive et plus vivante qu’une rétrospective classique.
À voir aussi au MAM
Le musée présente en parallèle une grande rétrospective consacrée à Kerry James Marshall, figure majeure de la peinture américaine contemporaine. Le billet combiné permet de découvrir les deux expositions lors de la même visite.
Commissaire de l’exposition : Jessica Castex, commissaire au Musée d’Art Moderne de Paris
Visuel : Détail, Simone Fattal – Dionysos, 1999. Don de la Société des amis du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Comité International en 2024. © Droits réservés Crédit photographique : François Doury © ADAGP, Paris, 2026
📌 INFORMATIONS PRATIQUES
Expo : Simone Fattal – Des villes au fond d’un lac.
Dates : Du 18 septembre 2026 au 24 janvier 2027
Lieu : Musée d’Art Moderne de Paris – MAM
11 Avenue du Président Wilson
75116 Paris
🕒 HORAIRES
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h.
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h30.
📍 ACCÈS & TRANSPORTS
Métro : ligne 9 – Arrêt Alma-Marceau ou Iéna
Station Vélib’: 45 avenue Marceau ou 3 avenue Bosquet
Bus : lignes 32 (Iéna), 42 (Alma-Marceau), 72 (Musée d’Art moderne), 80 (Alma-Marceau), 82 (Iéna) et 92 (Alma-Marceau)
🏷️ TARIFS
Tarif réduit : 15 €
Gratuit : -18 ans
🎟️ BILLETTERIE
Réservation fortement recommandée.
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💬 QUESTIONS FRÉQUENTES
📅 Dates et Horaires
Quelles sont les dates de l’exposition « Simone Fattal – Des villes au fond d’un lac » ?
Quels sont les jours et horaires d’ouverture du Musée d’Art Moderne ?
Le Musée d’Art Moderne de Paris vous accueille aux horaires suivants :
- Du mardi au dimanche : De 10h00 à 18h00.
- Nocturne : Tous les jeudis jusqu’à 21h30.
- Fermeture hebdomadaire : Tous les lundis.
🎟️ Tarifs et Billetterie
Quels sont les tarifs des billets d’entrée ?
Les tarifs pour accéder à l’exposition s’établissent comme suit :
- Plein tarif : 17,00 €.
- Tarif réduit : 15,00 €.
- Gratuité : Moins de 18 ans.
À noter : un billet combiné permet également de découvrir l’exposition consacrée à Kerry James Marshall, présentée en parallèle au MAM.
Faut-il réserver son billet à l’avance ?
🏺 Concept et Parcours de l’Exposition
Qui est Simone Fattal et que présente cette rétrospective ?
Comment est structuré le parcours d’exposition ?
Quelles sont les œuvres inédites ou phares à découvrir ?
L’exposition propose notamment :
- Humbaba (2026) : Une sculpture inédite représentant le gardien mythique de la forêt de cèdres, mise en dialogue avec la série d’encres La forêt (2023).
- Figures guerrières et mythologiques : Ses célèbres sculptures en terre cuite et céramique stylisées.
- Éditions : Une sélection de livres publiés par sa maison d’édition californienne The Post-Apollo Press.
Qui assure le commissariat de l’exposition ?
📍 Emplacement et Accès
Où se trouve le Musée d’Art Moderne de Paris et comment s’y rendre ?
Le musée est situé au 11 Avenue du Président Wilson (75116 Paris).
- Métro : Ligne 9 (stations Alma-Marceau ou Iéna).
- Bus : Lignes 32, 42, 72, 80, 82 et 92.
- Vélib’ : Stations au 45 avenue Marceau et 3 avenue Bosquet.