La fête au Moyen Âge – Tour Jean sans Peur

Expo Paris 2019, la fête au moyen-âge, Tour Jean Sans Peur Paris
Du 09 janvier au 5 mai 2019

Informations pratiques | Donnez votre avis

Au Moyen Âge, un jour sur trois est chômé en raison des fêtes. Les célébrations religieuses rythment le calendrier, mais l’année est également riche en festivités profanes : les fêtes personnelles, communautaires et politiques sont prétexte à processions, joutes, tournois, festins… qui consolident sans cesse les liens sociaux. Au pied d’un mât de cocagne, au cœur d’un charivari, au milieu d’une farandole, sur un char bariolé, costumé en sauvage ou en fou, l’individu profite d’une vie qu’il sait précaire. Que la fête commence !


Le calendrier chrétien

Il compte une quarantaine de jours fériés liés aux fêtes religieuses.
Quand vient Noël, toutes les familles se rendent à la messe et pensent aussi à brûler « la bûche de Noël ». Chacun s’habille de vêtements neufs, aide à la décoration de la maison et joue à de nombreux jeux comme le jeu de dés ou celui de la soule. Le cycle de Noël continue douze jours après Noël jusqu’à l’épiphanie, où l’on tire la fève afin de désigner un roi.
Le grand cycle suivant est celui de Pâques qui s’organise autour de Carnaval et Carême. Le Carnaval avec Mardi Gras est l’occasion de faire bombance durant 3 jours avant l’entrée dans le Carême ou « Carême-prenant » qui lui-même dure 40 jours et démarre le mercredi des Cendres. Les fidèles n’ont alors théoriquement pas le droit de faire la guerre, de manger de la viande lors du seul repas quotidien et doivent pratiquer l’abstinence sexuelle. Lors de la Semaine sainte ou semaine peineuse qui précède Pâques sont célébrés les Rameaux, puis le Jeudi saint où rois et grands seigneurs sont invités à servir les pauvres souvent au nombre de douze, Vendredi et Samedi saints, consacrés aux offices nocturnes ou Ténèbres et enfin le Dimanche de Pâques, où les cloches résonnent après trois jours de silence. On partage alors en famille des tartes, les flaons, tandis que les enfants jouent à la roulée des œufs.
Quarante jours après Pâques, est fêtée l’Ascension du fils de Dieu, puis 10 jours après la Pentecôte. Durant cette période, l’église organise processions, pèlerinages et même croisades. Les Saints sont fêtés tout au long de l’année : on allume des feux réputés pour leurs vertus purificatrices à la Saint Jean-Baptiste ; on tue le cochon ou l’oie grasse à la Saint-Martin ; on fête les amoureux, déjà, à la Saint-Valentin… La multiplication des saints est telle qu’une fête est instaurée dès le VIIe siècle pour les honorer globalement : la Toussaint.


Fêtes personnelles

Baptême et communion
Par crainte d’un décès qui les emmènerait en enfer ou dans les limbes des enfants, les nouveaux-nés sont rapidement baptisés, portés sur les fonds baptismaux par leur parrain. En milieu favorisé, il peut y avoir jusqu’à une vingtaine de parrains et marraines. A l’âge de 7 ans, l’enfant reçoit sa première communion et ensuite communiera chaque année à Pâques.

Mariage…
A l’origine contrat civil entre deux familles et se déroulant à la maison, il devient un sacrement à partir du XIIe siècle. Durant les quarante jours qui précèdent le mariage, l’église enquête notamment sur les liens de parenté. Le mariage est consommé lors de la nuit de noces, dans la chambre bénie par le prêtre. Au petit matin, les invités servent aux jeunes mariés le chaudeau, un bouillon réparateur. Suivent plusieurs jours de festivités.
…remariage et charivari
Les charivaris apparaissent au début du XIVe siècle pour signaler à tous un mariage mal assorti. Ils se déroulent bruyamment, orchestrés par des groupes de jeunes gens aux costumes effrayants. Pour faire cesser ces humiliations, les couples déviants n‘ont d’autre choix que d’offrir aux trublions de quoi se payer une tournée à la taverne !

Funérailles
Par mesure d’hygiène, les funérailles ont lieu dès le lendemain du décès. Après l’enterrement, les familles puisent dans l’héritage pour servir un grand repas non seulement à leurs proches mais aussi aux pauvres de la paroisse et aux pèlerins en échange de prières pour le défunt. Une nouvelle cérémonie, l’anniversaire des morts, est organisé un mois après puis chaque année.


Fêtes rurales, citadines et fêtes de confréries

Le mois de mai inaugure les fêtes liées au renouveau de la nature : fête des Rogations pour obtenir la protection divine sur les récoltes, cortèges dirigés par un feuillu afin de quémander des dons en nature, fête du mai où de jeunes hommes sont chargés de planter une branche devant la maison des jeunes filles… Chaque année, dans les villes et villages ont lieu les fêtes de confréries. Des agapes suivent une messe à la gloire du Saint Patron.

Fêtes des jeunes, fêtes des fous
Depuis le XIIIe siècle, la jeunesse se met en scène en organisant des festivités telles que l’ «élection du roi des coqs» durant la Semaine sainte ou bien l’ «élection du roi des braies» juste avant le Carnaval. Les fêtes concernent également les plus jeunes, notamment autour de Noël : fête des fous le 26 décembre, fête de Saint Jean l’Evangéliste le 27 et fête des Saints-Innocents le 28. Elles sont placées sous le signe de la folie avec inversion des rôles : les plus petits prennent la place des plus grands, un enfant devient évêque le temps d’une journée. Dans certaines villes, on célèbre même le 25 décembre un office de l’âne, qui est vêtu comme un prêtre !

Adoubement, joutes et tournois
Dans le milieu de la noblesse, lors de la Pentecôte, se déroule l’adoubement. Après avoir reçu épée ou éperons, le futur chevalier reçoit une paumée ou embrassade et une colée, coup donné du plat de l’épée par l’adoubeur. Ensuite, il doit démontrer son courage lors de joutes et de tournois. Au XIIIe siècle, le tournoi devient spectacle : le champ clos s’agrandit, les armes sont neutralisées, émoussées, priorité est donnée aux parures des cavaliers et de leur monture.


Fêtes politiques

Festivités urbaines
Au XIIIe siècle, les villes s’emparent des joutes et tournois et se livrent bataille sur la grand place. Outre les fêtes de saint locaux, les concours sportifs ou les courses de chevaux, elles organisent également le défilé des élites urbaines : hauts dignitaires, ecclésiastiques, militaires puis musiciens et danseurs, rejoints par les chars tournant en cercles concentriques devant la cathédrale ou le palais public. A la fin du Moyen Âge, les premiers pétards viennent accroître le niveau sonore ! Même encadrées, certaines de ces manifestations ne peuvent contenir des débordements qui tournent vite à l’émeute.

Baptême royal
Pour le baptême, les parrains et marraines défilent par les rues de la ville en exhibant l’enfant royal, accompagnés par 200 porteurs de torches, symbolisant la vie nouvelle et la lumière divine, suivis de hauts dignitaires puis des princes et princesses.

Sacre et entrée royale
Lors du sacre se déroulant à Reims, depuis le XIe siècle, le futur roi est adoubé. On lui remet les éperons d’or puis l’archevêque l’oint du Saint Chrême et le revêt du manteau royal. Depuis Charles VI, il fait faire son entrée pour se présenter à son peuple. A Paris, le parcours va de la porte Saint Denis jusqu’au palais de la Cité. Ce parcours a été aménagé pour donner une vision idyllique : jonchées de fleurs, tapisseries suspendues cachant la réalité, tableaux vivants, spectacles à automates, fontaines versant à volonté eau, lait, vin et hypocras… C’est le joyeux avènement, savant mélange de propagande politique et de parade.

Funérailles
Lors de ses funérailles, le chariot mortuaire, richement décoré et portant une effigie à l’image du défunt est mené par un cortège qui prendra le même chemin que pour le joyeux avènement mais en sens inverse : du palais de la Cité jusqu’à la basilique de Saint Denis. Il est suivi par l’héritier à cheval et les pleurants endeuillés, porteurs de cierges et de pots à encens.

 


Exposition Paris : La fête au Moyen Âge, Tour Jean-sans-Peur.

Dates : Du 09 janvier au 5 mai 2019

Lieu : Tour Jean sans Peur
20, rue Etienne Marcel
75002  Paris

Métro : Ligne 4 (arrêt Étienne Marcel)
RER : RER A, B, D (arrêt Châtelet-Les Halles)
Bus : 29 (arrêt Étienne Marcel-Turbigo)

Horaires : Ouvert de 13h30 à 18h du mercredi au dimanche.

Plein tarif : 6 euros
(incluant la visite de la tour)

Tarif réduit : 3,50 euros
(7-18 ans, étudiants,  professeurs, demandeurs d’emploi)


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