Tous les feux, les fleurs au Palais de Tokyo : sept expositions sur le territoire

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Du 21 octobre 2026 au 14 février 2027

Au Palais de Tokyo, la saison d’automne-hiver porte un titre un peu énigmatique, « Tous les feux, les fleurs », et un fil conducteur très net : le territoire. Sous le même toit, sept expositions font se croiser des collectifs d’artistes installés à la campagne, des tissus noués et des teintures à l’indigo, des films sur pellicule, des romans-photos ivoiriens et un court métrage avec Eric Cantona. On passe de la ruralité française aux nuits d’Abidjan des années 1970 sans quitter le bâtiment. Voici ce qu’on y trouve, et comment organiser sa visite.



Une saison construite autour du territoire


Guillaume Désanges, président du Palais de Tokyo, signe l’édito de la saison. Il la rattache à la « permaculture institutionnelle » que le lieu cherche à pratiquer, et rappelle que le territoire est à la fois une réalité concrète et une notion symbolique, que géographes et artistes questionnent aujourd’hui de façon critique.

Cela donne trois grandes entrées : les lieux d’art installés à la campagne, trois artistes rarement montrées en France, et la question du territoire comme espace sur lequel s’exerce un pouvoir.


« Toi et ta bande » : l’art contemporain loin des villes

C’est l’exposition collective de la saison. Son titre vient d’une œuvre de Gina Proenza. Elle réunit une trentaine d’œuvres d’artistes et de collectifs qui travaillent hors des métropoles, en Corse, en Guadeloupe, dans les Cévennes, le Limousin, la Bretagne, les Hautes-Pyrénées ou le Pays basque. Beaucoup de pièces ont été produites pour l’occasion.

Les « bandes » du titre sont de natures variées : collectifs d’artistes, chorales, groupe de lycéens, communautés de vie ou de lutte. L’idée est de montrer des lieux jeunes où se mêlent création, militantisme et action sociale, et de défaire au passage l’image d’une campagne définie par ce qui lui manquerait par rapport à la ville.


Trois artistes, trois façons de travailler la matière

Sonia Gomes, « Cœur sauvage ». Née en 1948 au Brésil, ancienne juriste, elle se consacre à l’art à partir des années 1990. Elle noue, torsade et brode des tissus récupérés ou offerts, auxquels elle ajoute cordes, perles ou dentelles. Certaines pièces pendent dans l’espace, d’autres sont accrochées ou posées au sol, avec du rouge qui revient d’une salle à l’autre. Dans Magia (2014), coutures, attaches et fils pendants restent visibles et deviennent le dessin de l’œuvre.

Valérie John, « I telman nwè ki i blé (Si noir que cela en devient bleu) ». La Martiniquaise travaille l’indigo, une teinture apprise notamment au Sénégal, où elle vit une partie de l’année. L’exposition couvre son travail depuis les années 1990 : vêtements, livres, objets, assemblages de papier et de tissu, du bleu profond au noir.

Céleste Richard-Zimmermann, « Toutes les colonnes n’ont pas un cœur de pierre ». Lauréate du prix des Amis du Palais de Tokyo 2026, elle imagine une carrière abandonnée autour d’une grande colonne brisée, creuse et sans sommet, inspirée des monuments détruits lors des révolutions. Polystyrène, plâtre, cuivre et pierre y détournent les codes de la statuaire officielle. Son bas-relief Martyre décorum (2021) mesure 6 m sur 3,30 m, tout en polystyrène.


Deux expositions pour les amateurs de cinéma

Rose Lowder, « La Source de la Loire et autres films ». Née à Lima en 1941 et installée à Avignon depuis 1972, la cinéaste filme la nature en 16 mm depuis plus de cinquante ans. Elle compose ses films image par image, directement dans la caméra : une minute de film contient 1 440 images différentes. Le film-titre, projeté sur pellicule, a été tourné trois printemps de suite au mont Gerbier-de-Jonc, en Ardèche, là où naît le fleuve. Vingt films d’une minute, réunis en « bouquets », complètent le dispositif.

Ali Cherri, « Today is OK ». Lion d’argent à la Biennale de Venise 2022, l’artiste franco-libanais part de son court métrage La Sentinelle (29 minutes, présenté à Cannes en 2026). On y suit un soldat français écrasé par son devoir, avec Nahuel Pérez Biscayart et Eric Cantona. Au Palais de Tokyo, le film se prolonge en décors, sculptures et installations, dont une grande sculpture inspirée des monuments militaires.


Paul Kodjo et les romans-photos d’Abidjan

« Photoromance » présente le photographe ivoirien Paul Kodjo (1939-2021), l’un des premiers Africains à s’être emparé du roman-photo. Revenu de Paris en 1970, il fonde à Abidjan l’agence MAMEDIS. Dès 1971, l’hebdomadaire Ivoire Dimanche publie ses comédies sentimentales à rebondissements, dans la lignée des romans-photos européens. L’exposition les associe à des images de fêtes, de mode et de vie urbaine du « miracle ivoirien », pour la plupart jamais montrées. Coproduite avec les Rencontres d’Arles, où elle a été présentée cet été, c’est sa première exposition personnelle d’ampleur en France.


Pourquoi visiter « Tous les feux, les fleurs » ?


Parce que tout est sous le même toit. Un seul billet donne accès aux sept expositions. En une visite, on passe d’une installation sur la campagne française à des films sur pellicule, puis à des photographies d’Abidjan. C’est rare d’avoir autant de registres différents d’un seul tenant.

Parce que le cinéma y est traité comme une matière d’exposition. Rose Lowder projette ses films en 16 mm, avec des plans parfois plus brefs qu’une seconde. Ali Cherri, lui, bâtit tout un parcours à partir d’un court métrage de fiction. Les deux se regardent autrement que dans une salle de cinéma.

Parce qu’on y découvre des artistes peu montrés en France. Sonia Gomes, Valérie John et Rose Lowder ont des parcours importants mais sont peu exposées ici. Paul Kodjo, lui, bénéficie de sa première grande exposition personnelle en France, avec des images pour la plupart jamais montrées.

Parce que les œuvres sont ancrées dans des lieux réels. La source de la Loire, un atelier en Martinique, les nuits d’Abidjan, les campagnes où travaillent les artistes de « Toi et ta bande » : chaque exposition renvoie à un endroit précis, ce qui la rend plus concrète qu’un propos abstrait sur le « territoire ».

Parce que la saison propose aussi des rencontres. Concerts, projections et rencontres sont organisés autour de « Toi et ta bande », avec Tënk, plateforme de documentaires née à Lussas, en Ardèche.

Parce que le jeudi, on a le temps. La nocturne court jusqu’à minuit : c’est le créneau idéal pour enchaîner les sept expositions sans se presser.

Commissaires de l’exposition : « Toi et ta bande » : Liza Maignan (commissaire), François Piron (coordinateur). « La Source de la Loire et autres films » (Rose Lowder) : François Piron. « I telman nwè ki i blé (Si noir que cela en devient bleu) » (Valérie John) : Amandine Nana, assistée de Candice Ratsimba. « Cœur sauvage » (Sonia Gomes) : Daria de Beauvais, assistée d’Octavienne Denancy et d’Inès Fodil. « Photoromance » (Paul Kodjo) : Amandine Nana, assistée de Candice Ratsimba, avec Ananias Léki Dago (Les Rencontres du Sud) comme conseiller scientifique. « Toutes les colonnes n’ont pas un cœur de pierre » (Céleste Richard-Zimmermann) : Horya Makhlouf. « Today is OK » (Ali Cherri) : Hugo Vitrani.
Visuel : détail affiche de l’exposition « Tous les feux, les fleurs ». Détail, Rose Lowder © source Tiqets

💡 En savoir plus : Consultez notre sélection des expositions à Paris en ce moment pour planifier vos visites.

 


📌 INFORMATIONS PRATIQUES


Expo : Tous les feux, les fleurs

Dates : Du 21 octobre 2026 au 14 février 2027

Lieu : Palais de Tokyo
13, avenue du Président Wilson
75116 Paris


🕒 HORAIRES

12h-22h : lundi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche.
12h-00h : jeudi.
Mardi : Le Palais de Tokyo est fermé au public.
Fermeture annuelle le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre.
Fermeture exceptionnelle à 18h les 24 et 31 décembre.


📍 ACCÈS & TRANSPORTS

Métro: ligne 9, Alma Marceau, Iéna
Bus : 32,42,63,72,80,82, 92
RER : C, Pont de l’Alma
Station Vélib’ : 3 av. Montaigne, 2 rue Marceau
Parking : Wilson

L’accès aux expositions est gratuit pour les personnes en situation de handicap, ainsi que pour leur accompagnateur. Des fauteuils roulants en prêt sont disponibles à l’accueil.


🏷️ TARIFS

Plein tarif : 13 euros
Tarif réduit 18-25 ans : 9 euros
Tarif réduit Étudiants (+25 ans): 9 euros
Tarif réduit Senior (+ de 60 ans) : 9 euros
Tarif réduit Maison des Artistes : 9 euros


🎟️ BILLETTERIE

Réservation fortement recommandée.
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💬 QUESTIONS FRÉQUENTES

📅 Dates et Horaires

Quelles sont les dates de la saison « Tous les feux, les fleurs » ?
La saison d’expositions se tient au Palais de Tokyo du 21 octobre 2026 au 14 février 2027.
Quels sont les jours et horaires d’ouverture ?

Le Palais de Tokyo accueille le public selon les horaires suivants :

  • Lundi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche : De 12h00 à 22h00.
  • Nocturne le jeudi : Jusqu’à minuit (00h00).
  • Fermeture hebdomadaire : Tous les mardis.
  • Fermetures exceptionnelles : Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre (fermeture anticipée à 18h00 les 24 et 31 décembre).

🎟️ Tarifs et Billetterie

Quels sont les tarifs des billets d’entrée ?

Un seul billet unique donne accès aux 7 expositions de la saison :

  • Plein tarif : 13,00 €.
  • Tarif réduit : 9,00 € (jeunes 18-25 ans, étudiants de plus de 25 ans, seniors de plus de 60 ans, adhérents Maison des Artistes).
  • Gratuité : Personnes en situation de handicap et leur accompagnateur.
Faut-il réserver son billet à l’avance ?
La réservation en ligne de votre billet est fortement recommandée.

🌿 Thématiques et Parcours des 7 Expositions

Quel est le fil conducteur de la saison « Tous les feux, les fleurs » ?
Imaginée sous l’angle du territoire et de la « permaculture institutionnelle », la saison rassemble sept expositions explorant les lieux d’art ruraux, le rapport à la matière, le cinéma expérimental et l’espace politique.
Quelles sont les sept expositions présentées simultanément ?

Le parcours inclut :

  • « Toi et ta bande » : Exposition collective réunissant une trentaine d’œuvres d’artistes et collectifs créant hors des métropoles (Cévennes, Bretagne, Corse, Guadeloupe…).
  • Sonia Gomes (« Cœur sauvage ») : Tissages, torsades et assemblages textiles habités de teintes rouges.
  • Valérie John (« Si noir que cela en devient bleu ») : Travail autour de l’indigo, du papier et du tissu.
  • Céleste Richard-Zimmermann (« Toutes les colonnes n’ont pas un cœur de pierre ») : Installation monumentale détournant la statuaire officielle (Prix des Amis du Palais de Tokyo 2026).
  • Rose Lowder (« La Source de la Loire et autres films ») : Projections en pellicule 16 mm composées image par image.
  • Ali Cherri (« Today is OK ») : Univers plastique, sculptures et décors prolongeant son court métrage La Sentinelle (avec Eric Cantona).
  • Paul Kodjo (« Photoromance ») : Première grande rétrospective française du photographe ivoirien, pionnier du roman-photo à Abidjan dans les années 1970.

📍 Emplacement et Accès

Où se trouve le Palais de Tokyo et comment s’y rendre ?

Le musée est situé au 13, avenue du Président Wilson (75116 Paris).

  • Métro : Ligne 9 (stations Iéna ou Alma – Marceau).
  • RER : Ligne C (station Pont de l’Alma).
  • Bus : Lignes 32, 42, 63, 72, 80, 82 et 92.
  • Station Vélib’ : 3 av. Montaigne et 2 rue Marceau.
  • Parking : Parking Wilson. Des fauteuils roulants sont gratuitement mis à disposition à l’accueil pour les PMR.