Du 10 novembre 2026 au 04 avril 2027
Une photographie ancienne montre des hommes et des femmes posant devant un décor, dans un jardin ou sur une scène de music-hall parisienne. Elle date de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle. Ces personnes ont été exhibées devant un public payant, et l’image l’a fixé. Comment la regarder aujourd’hui sans prolonger ce qu’elle a mis en scène ? C’est la question que pose Violence silencieuse, l’exposition que le musée du quai Branly – Jacques Chirac consacre à Roméo Mivekannin.
Roméo Mivekannin, un artiste qui se peint dans l’histoire
Roméo Mivekannin est né en 1986 à Bouaké, en Côte d’Ivoire. Il descend du roi béninois Béhanzin. Son travail revient sans cesse sur la façon dont l’Europe a représenté les modèles noirs, en peinture comme en photographie.
Sa méthode est reconnaissable. Il peint sur des draps, avec de l’acrylique et un élixir de boue, et il s’invite lui-même dans les scènes qu’il reprend. L’autoportrait lui permet de se placer à l’intérieur de l’image pour en défaire la mécanique : qui a composé cette scène, pour qui, et à quel prix pour ceux qu’elle montre ?
Le sujet : les exhibitions coloniales et leurs images
L’exposition s’intéresse aux exhibitions ethnographiques des XIXe et XXe siècles, que l’on désigne souvent par l’expression « zoos humains ». Des personnes venues d’ailleurs y étaient présentées comme des curiosités. Mivekannin s’attarde sur les photographies tirées de ces exhibitions à Paris. Leur violence tient à leur apparente neutralité, et c’est de là que vient le titre.
Il montre aussi que cet héritage n’a pas disparu avec le XXe siècle. Il traverse encore les musées, y compris celui qui accueille l’exposition.
Ce que vous verrez
Quatre volières en métal. Chacune représente un lieu précis de l’histoire des collections ethnographiques parisiennes : le musée d’ethnographie du Trocadéro, l’aile ouest du palais de Chaillot, le musée de la Porte Dorée et le musée du quai Branly lui-même. Ces sculptures fermées ont été fabriquées à Abidjan avec des forgerons ivoiriens. Le musée devient ainsi un lieu d’enfermement, au sens propre de la forme.
Treize grandes toiles. Elles s’inspirent de photographies conservées dans les collections du musée. La première reprend une présentation en panoplie au Trocadéro. Les suivantes reviennent sur des exhibitions du Champ de Mars, du Jardin d’Acclimatation et des Folies Bergère.
Un dispositif en verre sans tain. Les photographies d’origine sont visibles à travers cette vitre. Selon l’éclairage, on y voit aussi son propre reflet. Le visiteur regarde les images, et il se voit en train de les regarder. C’est le cœur de la proposition.
Pourquoi visiter cette exposition ?
Parce que le dispositif change votre façon de regarder. Dans la plupart des expositions, on observe sans être soi-même mis en cause. Ici, le verre sans tain renvoie votre reflet par-dessus les photographies d’archives. Vous ne pouvez pas les regarder de l’extérieur, et c’est tout l’intérêt de la proposition. On en sort avec une question plus qu’avec une réponse.
Parce que l’artiste travaille depuis l’intérieur du musée. Mivekannin n’a pas été invité à commenter l’histoire des collections de loin. Il part des photographies que le quai Branly conserve, et ses volières désignent les musées successifs qui ont abrité ces collections, dont celui où l’on se trouve. L’institution ne joue pas l’hôte neutre : elle fait partie du sujet. C’est une démarche rare, et elle donne au propos une vraie crédibilité.
Parce que ces œuvres se voient en vrai. Treize grandes toiles sur drap, de l’acrylique mêlée à de l’élixir de boue, des structures métalliques forgées à Abidjan : la matière et l’échelle comptent ici, et un écran ne les rend pas. Même chose pour les volières, qu’il faut contourner pour en saisir l’effet.
Parce que le sujet reste peu regardé en face. Les exhibitions de personnes colonisées au cœur de Paris sont un pan de l’histoire que beaucoup connaissent mal, alors qu’elles ont eu lieu dans des lieux que l’on fréquente encore, du Champ de Mars au Jardin d’Acclimatation. L’exposition ne se contente pas de le rappeler. Elle interroge ce que les musées en ont hérité, et cette question concerne directement ceux qui les visitent.
Parce que c’est facile à intégrer dans une sortie. L’exposition dure près de cinq mois, et le musée reste ouvert jusqu’à 22h le jeudi, ce qui permet d’y passer après le travail. Le billet d’entrée au musée donne aussi accès aux collections permanentes : on peut donc prolonger la visite et mettre l’exposition en regard de ce que le musée montre le reste de l’année.
À savoir : le sujet est grave et le titre l’annonce. Cette exposition convient mieux à ceux qui aiment qu’une exposition pose une question qu’à ceux qui cherchent un parcours esthétique léger.
Commissaire de l’exposition : Gaëlle Beaujean, responsable de collections Afrique, musée du quai Branly – Jacques Chirac. Conseillère scientifique : Christine Barthe, responsable de l’unité patrimoniale des collections photographiques, musée du quai Branly – Jacques Chirac.
Visuel : Détail, affiche de l’exposition Violence silencieuse, d’après une peinture de Roméo Mivekannin, 2026.
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📌 INFORMATIONS PRATIQUES
Expo : Violence silencieuse – Sous le regard de Roméo Mivekannin
Dates : Du 10 novembre 2026 au 04 avril 2027
Lieu : Musée du quai Branly – Jacques Chirac
Galerie Marc Ladreit de Lacharrière
37, quai Branly
75007 Paris
🕒 HORAIRES
Mardi, mercredi, vendredi, samedi, dimanche : 10h30-19h00
Jeudi : 10h30-22h00
Fermeture le lundi
📍 ACCÈS & TRANSPORTS
Métro : Alma-Marceau (ligne 9), Iéna (ligne 9), Ecole Militaire (ligne 8), Bir Hakeim (ligne 6)
Bus : lignes 42, 63, 72, 80, 92
RER : Pont de l’Alma (RER C), Champ de Mars / Tour Eiffel (RER C)
Parking : Quai Branly (25, quai Branly), George V (10, avenue George V), Joffre Ecole Militaire (2, place Joffre)
♿ ACCESSIBILITÉ
Exposition accessible aux personnes en situation de handicap visuel, auditif (avec ou sans boucle magnétique), moteur et mental, ainsi qu’en LSF.
🏷️ TARIFS
Tarif réduit : 11 €
🎟️ BILLETTERIE
Réservation fortement recommandée.
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💬 QUESTIONS FRÉQUENTES
📅 Dates et Horaires
Quelles sont les dates de l’exposition « Violence silencieuse » ?
Quels sont les jours et horaires d’ouverture ?
Le musée du quai Branly est ouvert selon les horaires suivants :
- Mardi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche : De 10h30 à 19h00.
- Nocturne le jeudi : Jusqu’à 22h00.
- Fermeture hebdomadaire : Tous les lundis.
🎟️ Tarifs et Billetterie
Quels sont les tarifs des billets d’entrée ?
Le billet donne accès à la fois à l’exposition temporaire et aux collections permanentes du musée :
- Plein tarif : 14,00 €.
- Tarif réduit : 11,00 €.
Faut-il réserver son billet à l’avance ?
🎨 Artiste, Thématique et Scénographie
Qui est Roméo Mivekannin et quelle est sa démarche ?
Quel est le propos de l’exposition « Violence silencieuse » ?
Quelles sont les installations majeures présentées dans le parcours ?
Le parcours rassemble :
- 4 volières en métal : Sculptures forgées à Abidjan symbolisant des hauts lieux des collections ethnographiques (Trocadéro, Palais de Chaillot, Porte Dorée et Quai Branly).
- 13 grandes toiles sur drap : Inspirées des fonds photographiques du musée.
- Un dispositif en verre sans tain : Une scénographie immersive qui superpose le reflet du visiteur aux photographies d’archives originales.
📍 Emplacement, Transports et Accessibilité
Où se trouve le musée et comment s’y rendre ?
L’exposition se situe au Musée du quai Branly – Jacques Chirac (37, quai Branly, 75007 Paris).
- Métro : Stations Alma-Marceau ou Iéna (ligne 9), École Militaire (ligne 8), Bir-Hakeim (ligne 6).
- RER : Stations Pont de l’Alma ou Champ de Mars / Tour Eiffel (RER C).
- Bus : Lignes 42, 63, 72, 80, 92.
- Parking : Parkings Quai Branly (25 quai Branly), George V (10 av. George V), Joffre École Militaire (2 pl. Joffre).