Du 14 octobre 2026 au 4 avril 2027
Et si les fonds marins étaient la dernière grande frontière de l’exploration humaine ? Le musée national de la Marine, au Palais de Chaillot à Paris, consacre à cette question une exposition événement : « L’appel des profondeurs. Une aventure sous les mers de l’Antiquité à nos jours ». Près de 280 œuvres et objets retracent, sur plus de 800 m², plus de deux mille ans de fascination pour les abysses.
Une exposition, cinq musées : le point d’orgue d’un cycle inédit
En 2026, pour la première fois, le musée national de la Marine déploie une programmation commune sur l’ensemble de son réseau : Brest, Paris, Port-Louis, Rochefort et Toulon proposent chacun une exposition autour d’un même thème, l’appel des profondeurs. Celle de Paris en constitue le point d’orgue, avec un propos plus large qui traverse les arts, la littérature, les sciences et les techniques pour interroger les motivations qui ont poussé l’humanité à explorer les grands fonds.
Les autres volets du cycle complètent cette lecture parisienne avec des angles plus spécifiques :
- Port-Louis — Machines des mers : les inventions (extraordinaires) d’Henri Dupuy de Lôme, du 22 mai au 15 novembre 2026
- Brest — Le dessous des mers. L’aventure de la cartographie sous-marine, du 26 juin 2026 au 7 mars 2027
- Rochefort — Au poste de plongée ! L’aventure des premiers submersibles, du 25 septembre 2026 au 2 janvier 2028
- Toulon — Plongée(s) dans l’inconnu. L’aventure sous-marine en Méditerranée, du 18 novembre 2026 au 27 juin 2027
Pourquoi explorer un monde qui nous est hostile ?
Le point de départ de l’exposition est presque une évidence qu’on oublie trop souvent : le corps humain n’est pas fait pour les profondeurs. Absence de lumière, pression écrasante, froid, manque d’air rendent les fonds marins naturellement inaccessibles. À cette barrière physique s’ajoute une frontière tout aussi puissante, celle de l’imaginaire : depuis l’Antiquité, les abysses sont peuplées de créatures monstrueuses dans les mythes et récits qui ont traversé les siècles. Le parcours interroge frontalement cette tension entre peur et fascination, entre répulsion et désir de repousser les limites.
Un parcours chronologique de l’Antiquité à aujourd’hui
Le parcours se déploie sur quatre grandes séquences temporelles, pensées comme une véritable immersion. La scénographie, volontairement mystérieuse et feutrée, invite à la contemplation autant qu’à la découverte : le visiteur plonge symboliquement jusqu’aux confins du Crétacé avant de remonter, siècle après siècle, jusqu’à notre époque.
De l’Antiquité au XVIIIe siècle, l’exposition montre comment peurs, désirs et rêves de l’inconnu ont façonné tout un imaginaire des profondeurs, entre observations réalistes et représentations merveilleuses. Elle rappelle aussi que les sociétés humaines ne se sont pas contentées de craindre la mer : dès l’Antiquité, on plonge pour récolter perles, coraux ou éponges, récupérer des cargaisons naufragées ou couper les amarres de flottes ennemies. La légende veut même qu’Alexandre le Grand ait exploré les fonds marins dans un bathyscaphe de verre, avant que savants et inventeurs ne perfectionnent, à partir du XVIe siècle, des dispositifs comme la cloche de plongée.
À partir du XIXe siècle, le regard sur la mer change radicalement. Les câbles télégraphiques sous-marins révolutionnent les communications, les premiers submersibles opérationnels transforment la guerre navale, et l’invention du scaphandre pieds-lourds ouvre littéralement le fond des mers à l’exploration humaine. C’est aussi la naissance de l’océanographie, avec ses premières expéditions scientifiques, et l’émergence d’un nouvel imaginaire populaire porté par les aquariums et les ouvrages illustrés.
Le XXe siècle est celui de l’exploration multidimensionnelle : l’invention du scaphandre autonome libère le mouvement du plongeur, la plongée devient loisir puis sport de masse dans les années 1950, et les profondeurs envahissent la pop culture — science-fiction, bande dessinée, cinéma, musique. C’est aussi l’époque des grands records et d’une exploration à forte portée géopolitique, la course aux abysses répondant, en pleine Guerre froide, à la course vers la Lune.
La période contemporaine, enfin, pose des questions résolument actuelles : protection des épaves et sites sous-marins, exploitation des ressources (notamment via l’industrie des hydrocarbures offshore), persistance de pratiques ancestrales comme la pêche en apnée, et surtout l’immensité de ce qui reste à découvrir. Le parcours rappelle qu’aujourd’hui encore, seuls 20 % de la bathymétrie océanique sont cartographiés avec précision, et à peine 0,001 % de ces fonds a été exploré visuellement.
Quatre cabinets thématiques comme des respirations
Entre ces grandes séquences chronologiques, quatre cabinets thématiques ponctuent la visite pour approfondir des figures universelles de l’imaginaire marin :
- les récits fondateurs, cosmogonies et grandes fresques initiatiques et légendaires ;
- la pieuvre, animal tentaculaire aux mille facettes ;
- les mondes engloutis, entre cités perdues fantasmées et projets réels d’habitats sous-marins ;
- la sirène, figure mythique sous-marine par excellence.
Des trésors rarement montrés, entre sciences, arts et pop culture
Environ 280 pièces composent le parcours, dont plusieurs sont exceptionnelles et très peu exposées habituellement. Elles proviennent des collections de grandes institutions et couvrent un spectre impressionnant : spécimens biologiques, objets archéologiques, collections ethnographiques, manuscrits, instruments scientifiques, scaphandres, maquettes et modèles de navires, peintures, photographies, sculptures, arts décoratifs, œuvres contemporaines et installations vidéo.
L’exposition tisse ainsi des liens inattendus entre figures scientifiques et culture populaire : les explorations du commandant Cousteau côtoient les avancées de l’océanographe Marie Tharp, tandis que les aventures d’Aquaman, le cinéma de Jean Painlevé ou les exploits des Ama — ces pêcheuses en apnée japonaises — trouvent aussi leur place dans le récit. La création contemporaine n’est pas en reste, avec des œuvres d’artistes comme Monira Al Qadiri, Anselm Kiefer, Bianca Bondi, Nicolas Floc’h ou Laure Prouvost, qui interrogent notre rapport actuel aux profondeurs. Le parcours se referme sur une projection immersive de Midnight Zone, l’œuvre vidéo de Julian Charrière, qui brouille les frontières entre les profondeurs marines et celles de l’âme.
Pourquoi visiter cette exposition ?
Parce qu’elle ne se contente pas de raconter l’histoire de l’exploration sous-marine : elle interroge notre relation, ancienne et toujours renouvelée, à un espace qui reste très largement inconnu.
Entre mythologie, science, art contemporain et enjeux environnementaux actuels, « L’appel des profondeurs » offre un parcours aussi sensible que documenté, à destination de tous les publics curieux de mieux comprendre pourquoi les profondeurs continuent de nous fasciner autant qu’elles nous inquiètent.
Commissariat : L’exposition est portée par Louise Contant, cheffe du département des collections et de la recherche du musée national de la Marine, et Clémence Laurent, chargée de collections au musée national de la Marine, entourées d’un conseil scientifique pluridisciplinaire réunissant historiens de l’art, archéologues sous-marins, océanographes et chercheurs en sciences humaines.
Visuels : 1. Détail, affiche Vingt mille lieues sous les mers / Jules Verne ; illustré de 111 dessins par de Neuville, [et Riou] ; [gravés par Hildibrand] Jules Verne (1828-1905), auteur ; J. Hetzel (Paris), éditeur ; 1871 © musée national de la Marine / C.Rabourdin. Design graphique Des Cheval. 2. Détail, Formes artistiques de la nature Haeckel Ernest, 1904 © Musée national de la Marine.
📌 INFORMATIONS PRATIQUES
Expo : L’appel des profondeurs. Une aventure sous les mers de l’Antiquité à nos jours.
Dates : Du 14 octobre 2026 au 4 avril 2027
Lieu : Musée National de la Marine – Palais de Chaillot
17 Place du Trocadéro
75016 Paris
🕒 HORAIRES
Ouvert de 11h00 à 19h00 tous les jours sauf le mardi.
Nocturne chaque premier jeudi du mois jusqu’à 22h (l’évacuation débute 30 minutes avant la fermeture du musée)
Dernier accès 1h avant la fermeture.
📍 ACCÈS & TRANSPORTS
Métro : ligne 6 et ligne 9 – station Trocadéro
Sortie N°6 « Avenue Paul Doumer – Musée de l’Homme »
Bus :
– lignes 22, 32 : arrêt Sheffers ou Trocadéro
– lignes 30, 63 : arrêt Trocadéro
– ligne 72 : arrêt Pont d’Iéna (puis remonter les Jardins du Trocadéro)
Navette fluviale : Arrêt Tour Eiffel (Batobus, Bateaux parisiens, Vedettes de Paris)
Parking : Kléber-Longchamp – 67 avenue Kléber, 75016 Paris
♿ ACCESSIBILITÉ
L’exposition est accessible aux personnes à mobilité réduite et aux visiteurs en situation de handicap moteur, visuel, auditif, mental ou psychique. Des dispositifs spécifiques sont mis en place pour garantir une visite confortable à tous les publics.
🏷️ TARIFS
🎟️ BILLETTERIE
Réservation fortement recommandée.
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💬 QUESTIONS FRÉQUENTES
📅 Dates et Horaires
Quelles sont les dates de l’exposition « L’appel des profondeurs » ?
Quels sont les jours et horaires d’ouverture du musée ?
Le musée est ouvert selon les horaires suivants :
- Tous les jours (sauf le mardi) : De 11h00 à 19h00 (dernier accès 1h avant la fermeture).
- Nocturne : Chaque premier jeudi du mois jusqu’à 22h00.
- Fermeture hebdomadaire : Tous les mardis.
🎟️ Tarifs et Billetterie
Quel est le tarif du billet d’entrée ?
Faut-il réserver son billet à l’avance ?
🌊 Parcours et Contenu de l’Exposition
Quel est le thème principal de l’exposition ?
Comment s’organise le parcours de visite ?
Le parcours s’étend sur plus de 800 m² à travers :
- 4 grandes séquences chronologiques : De l’Antiquité au XVIIIe siècle (mythes, récoltes), le XIXe siècle (scaphandre, câbles sous-marins), le XXe siècle (scaphandre autonome, pop culture, Guerre froide) et la période contemporaine (écologie, grands fonds).
- 4 cabinets thématiques : Les récits fondateurs, la pieuvre, les mondes engloutis et la sirène.
Quels types d’œuvres et d’objets sont présentés ?
En quoi cette exposition s’inscrit-elle dans un projet plus vaste ?
📍 Emplacement, Accès et Accessibilité
Où se trouve le musée et comment s’y rendre ?
Le musée national de la Marine se situe au Palais de Chaillot, 17 Place du Trocadéro (75016 Paris).
- Métro : Lignes 6 et 9 (station Trocadéro, sortie n°6 Avenue Paul Doumer).
- Bus : Lignes 22, 30, 32, 63, 72 et 82.
- Navette fluviale : Batobus / Bateaux Parisiens / Vedettes de Paris (arrêt Tour Eiffel).
- Parking : Kléber-Longchamp (67 avenue Kléber).