Huma Bhabha – Alberto Giacometti

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Du 6 février au 24 mai 2026

Infos pratiques |

L’Institut Giacometti à Paris présente une exposition inédite réunissant la sculptrice pakistano-américaine Huma Bhabha et le géant de la sculpture du XXe siècle, Alberto Giacometti. Conçue spécialement pour ce lieu chargé d’histoire, cette confrontation singulière interroge la représentation de la figure humaine entre fragilité et puissance, humour noir et tendresse universelle.


UN DIALOGUE INÉDIT ENTRE DEUX SCULPTEURS HORS NORMES

L’exposition « Huma Bhabha / Alberto Giacometti » n’est pas une rétrospective : c’est une rencontre. Face à face, les œuvres des deux artistes entrent en résonance autour d’une même obsession — le corps humain, sa présence au monde, sa résistance au néant.

Huma Bhabha (née à Karachi en 1962, installée à New York) est aujourd’hui l’une des sculptrices les plus remarquées de la scène internationale. Ses assemblages de matériaux hétéroclites — liège, polystyrène, argile, os, fil de fer, résine, acrylique — produisent des figures humaines d’une puissance émotionnelle rare. Marquées par les traditions de la statuaire africaine et classique, par le cinéma de science-fiction et d’horreur, ses œuvres dégagent une brutalité de surface qui laisse visibles les cicatrices du geste et les coutures entre les matières.

En regard, les icônes d’Alberto Giacometti (1901–1966) — l’Homme qui marche (1960), la Jambe (1958), les Femmes de Venise (1956), la Grande Tête (1960) — imposent leur présence familière et pourtant toujours saisissante. Ces silhouettes filiformes aux pieds massifs condensent l’essentiel de l’aventure humaine : avancer malgré tout, tenir debout dans la solitude du monde.

La commissaire de l’exposition, Émilie Bouvard, et le scénographe Éric Morin ont pensé un parcours qui circule du patio de l’Institut aux salles intérieures, en passant par le cabinet d’art graphique et le salon Follot, où deux films sont projetés.


LE TITRE : UN QUATRAIN D’OMAR KHAYYAM

L’exposition emprunte son titre à un quatrain du poète persan Omar Khayyam (1048–1131) : « Dénoue, boucle à boucle, les cheveux d’une idole avant que tes articulations se détachent… » Ce vers donne d’emblée la couleur de l’ensemble : un humour caustique et noir, une conscience aiguë de la fragilité des corps et du temps qui passe, une ironie tendre qui traverse chaque salle.


CE QUE L’ON VOIT DANS L’EXPOSITION

Le parcours s’ouvre sur la question de la distance entre la sculpture et le spectateur. Alberto Giacometti n’a jamais quitté son minuscule atelier de la rue Hippolyte-Maindron (24 m²), tandis que Huma Bhabha observe ses créations de loin, sous tous les angles, dans un espace bien plus vaste à Poughkeepsie. Deux rapports au corps, deux façons d’habiter l’espace.

Dans le patio, l’Homme qui marche II de Giacometti poursuit son avancée éternelle. À ses côtés, Untitled de Bhabha maintient ses pieds fermement ancrés au sol malgré un corps comme soufflé. Magic Carpet montre des jambes bottées posées sur un tapis à fond rouge, clin d’œil amusé à la silhouette mythique de Giacometti.

Deux sculptures de grandes dimensions, créées spécialement pour l’exposition, constituent le cœur de la contribution de Bhabha. L’une d’elles, Don’t Cast a Shadow (2025), se dresse comme un grand blessé : son corps troué tient encore debout, sa tête ronde presque attendrissante. Les marques qui strient le torse évoquent les pratiques de scarification de la statuaire africaine et le réalisme des Bouddhas affamés de la tradition asiatique.

La salle médiane rassemble les figures féminines des deux artistes. Les Femmes de Venise (1956) et la Grande Femme (1958) de Giacometti s’y tiennent aux côtés de Féroce, figure féminine anguleuse créée par Bhabha pour l’exposition. Toutes dégagent une noblesse farouche qui évoque les grandes figures rituelles traversant les siècles.

Le cabinet d’art graphique présente pour la première fois les planches-contacts du photographe suisse Ernst Scheidegger, où les sculptures de Giacometti apparaissent en extérieur comme autant de storyboards. Bhabha y répond par ses pieds marchants photographiés dans les rues de Karachi au début des années 2000.

En fin de parcours, les terres cuites réalisées lors d’une résidence à Oaxaca (Mexique) début 2022 offrent des fragments de corps aux effets chromatiques subtils, nés des variations de température d’un four traditionnel en plein air. L’une d’elles, intitulée Waddah — du nom d’un prisonnier mort à Guantanamo — confère à cet ensemble une dimension mémorielle et archéologique poignante.


Une rencontre au sommet entre humour et fragilité

Oubliez le recueillement classique : cette exposition est traversée par une énergie et un humour qui désacralisent le monument Giacometti. Huma Bhabha répond au maître par des œuvres trouées et grotesques qui entrent en résonance parfaite avec ses figures iconiques. C’est un pari réussi sur la force de l’humanité. Un circuit idéal, accessible en un peu plus d’une heure, pour une claque visuelle et émotionnelle.


Commissaire de l’exposition : Emilie Bouvard. Scénographie : Éric Morin.
Visuel : Détail affiche de l’exposition « Huma Bhabha – Alberto Giacometti » Huma Bhabha, Untitled, 2022 © Huma Bhabha, Courtesy the artist and David Zwirner. Alberto Giacometti, Femme debout, c. 1961 © Succession Alberto Giacometti / ADAGP, Paris, 2026.

 

 

 

 

 

INFOS PRATIQUES

Expo : Huma Bhabha – Alberto Giacometti
« Dénoue, boucle à boucle, les cheveux d’une idole avant que tes articulations se détachent… »

Dates : Du 6 février au 24 mai 2026

Lieu : Institut Giacometti
5 rue Victor Schoelcher
75014 Paris


HORAIRES

Du mardi au dimanche, de 10h à 18h (dernière entrée à 17h20) – fermé le lundi et le 1er mai.


ACCÈS

Métro : ligne 4 et 6, Raspail ou Denfert-Rochereau
RER B : Denfert-Rochereau
Bus : 38, 59, 64, 68 ou 88


TARIFS

Plein tarif : 9 euros

Tarif réduit *: 3 euros
– Artistes (MDA), demandeurs d’emploi, étudiants.

Gratuité *:
Moins de 18 ans, personnes handicapées et leur accompagnateur, bénéficiaires des minima sociaux, journalistes, membres de l’ICOM.

* sur présentation d’un justificatif.


BILLETTERIE

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