Daido Moriyama – Daido Tokyo à la fondation Cartier

Expo art contemporain photo Daido Moriyama Daido Tokyo Fondation Cartier
Du 6 février au 5 juin 2016

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Après avoir organisé en 2003 sa première grande exposition en France, la Fondation Cartier pour l’art contemporain consacre une nouvelle exposition à Daido Moriyama, figure centrale de la photographie japonaise. Daido Tokyo met à l’honneur le travail récent de l’artiste : en présentant un vaste ensemble de photographies couleur, l’exposition lève le voile sur un aspect méconnu et pourtant omniprésent dans son travail photographique depuis deux décennies.


Daido Tokyo est également l’occasion pour la Fondation Cartier de commander au photographe une œuvre nouvelle : un diaporama inédit, réalisé avec des photographies noir et blanc et projeté sur plusieurs écrans, qui illustre à l’instar de ses photographies couleur, le flux constant de la vie urbaine, captant des fragments de ce bourdonnement imperturbable.

DAIDO MORIYAMA
Marquée par les changements spectaculaires du Japon dans les décennies suivant la Seconde Guerre mondiale, la génération de photographes à laquelle appartient Daido Moriyama contribue à l’invention d’un langage visuel nouveau, voulant saisir les mutations d’une société nippone qui oscille entre tradition et modernité. Après des études de graphisme à Osaka, Daido Moriyama décide de se consacrer à la photographie et rejoint Tokyo en 1961. Il est profondément influencé par les photographes d’avant-garde de l’agence Vivo, notamment par Shomei Tomatsu et Eikoh Hosoe. Il retient du premier la fascination pour la rue et apprend chez le second le goût de la théâtralisation et de l’érotisme. À la même période il découvre William Klein, Robert Frank et s’imprègne de la grande liberté photographique qui les caractérise ; c’est notamment d’eux qu’il tient sa manière de capturer ses sujets en mouvement, se servant de l’appareil photo comme d’un véritable prolongement du corps. Cette combinaison d’influences se lit dans ses débuts, en tant que photographe indépendant à partir de 1964, puis dans les projets qu’il réalise pour Provoke – revue qu’il rejoint en 1968. Ses images d’avant-garde, transgressives et pulsionnelles reflètent la contestation et la prise de conscience japonaise.

Sa première monographie Japan: a Photo Theater (1968) puis son livre d’artiste Farewell Photography (1972) lui valent une notoriété immédiate. Son travail connaît dès lors un grand retentissement dans le milieu artistique tant au Japon que dans le reste du monde. Révélant le goût de l’artiste pour les cadrages chancelants et les textures, ses photographies en noir et blanc très contrastées constituent l’essence de son travail et contribuent à sa renommée internationale.

IMAGES DE TOKYO
Fasciné par l’étrange, l’inhabituel et l’extraordinaire du flux urbain, Daido Moriyama photographie la population de Tokyo et notamment celle du quartier de Shinjuku où il vit. On trouve, dans l’ensemble des photographies présentées, des panneaux publicitaires défraîchis, des vitrines miroitantes, des tuyaux aux formes insolites, ou encore des profils de tokyoïtes saisis sur le vif. Comme prises à la hâte, ces photographies témoignent de l’esthétique de l’instantané chère à l’artiste qui utilise un appareil photo compact qu’il brandit au fil de ses balades, tel un véritable chasseur d’images. Plutôt que de sélectionner et de cadrer avec soin ses clichés, il déclenche spontanément sans regarder dans son viseur, se servant de son corps et de ses humeurs pour capter la réalité qui l’entoure. Indifférent aux techniques académiques de composition et de tirage, Daido Moriyama livre des photographies d’une grande force expressive.

COULEURS
Dès les années 1970, Daido Moriyama prête une attention particulière à la photographie couleur, un intérêt qui ?va croissant jusqu’à l’apparition des premiers appareils numériques. Depuis le début des années 2000, il prend presque uniquement des photographies en couleur avant de les convertir en noir et blanc. ?Entre 2008 et 2015, l’artiste réalise ainsi plusieurs milliers d’images numériques puis choisit d’en conserver certaines dans leur forme originelle, en couleur ; un grand nombre de ces clichés est aujourd’hui présenté à la Fondation Cartier. Cette longue exploration de la photographie couleur témoigne de la pratique de l’artiste et de son évolution au cours des deux dernières décennies.

Loin de s’opposer, les photographies couleur et noir et blanc se complètent dans l’oeuvre de Daido Moriyama. Si pour l’artiste les photographies en noir et blanc sont empreintes d’onirisme, la couleur parle sans équivoque de la réalité, du monde et des gens qui l’entourent lorsqu’il marche dans les rues de Tokyo : « Le noir et blanc exprime mon monde intérieur, les émotions et les sensations que j’ai quotidiennement quand je marche sans but dans les rues de Tokyo ou d’autres villes. La couleur exprime ce que je rencontre, sans aucun filtre, et j’aime saisir cet instant pour ce qu’il représente pour moi. Les premières sont riches en contraste, dures, et reflètent pleinement ma nature solitaire. Les secondes sont polies, sages, comme je me présente au monde. » Nées de la confrontation directe avec la ville, ces photographies reflètent la vision du monde de Daido Moriyama, où se mêlent l’intime et le réel.

DOG AND MESH TIGHTS
Avec le diaporama Dog and Mesh Tights conçu spécialement pour l’exposition le regard, Daido Moriyama se porte sur ce qui passe souvent inaperçu au sein du tumulte urbain. Composant un véritable journal de bord, l’artiste capte ses sujets dans les ruelles désertées ou sur les murs des bâtiments lors de ses errances urbaines quotidiennes. Pendant près de neuf mois (de juillet 2014 à mars 2015), Daido Moriyama prend des clichés dans toutes les villes qu’il visite,Tokyo, Hong Kong, Taipei, Arles, Houston et Los Angeles. Conçue comme un puzzle qui se parfait et s’enrichit sans cesse, cette série forme une carte photographique du monde reflétant les relations complexes des individus avec leur environnement urbain.

 


Exposition : Daido Moriyama – Daido Tokyo

Dates : Du 6 février au 5 juin 2016

Lieu : Fondation Cartier pour l’art contemporain
261, boulevard Raspail
75014  Paris

Métro : Raspail (lignes 4, 6), Denfert-Rochereau (lignes 4, 6)
Bus : lignes 38, 68, 88, 91
RER : Denfert-Rochereau (RER B)
Parking : Stationnement réservé aux visiteurs handicapés moteur devant le 2 rue Victor Schoelcher

Horaires : Ouvert tous les jours sauf le lundi de 11h à 20h. Fermeture le lundi.
Nocturne le mardi jusqu’à 22h.
Tous les jours à 18h visite guidée de l’exposition avec le billet d’entrée.


Plein tarif :
10,50 euros

Tarif réduit * : 7 euros
* étudiants, moins de 25 ans, carte Senior, Amis des Musées, demandeurs d’emploi, Maison des artistes.


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