“Ler dla canpane” Fondation Dubuffet

expo-peinture-paris-dubuffet-ler-dla-canpane-art-moderne-paris
Du 21 octobre 2019 au 17 juillet 2020

Informations pratiques | Donnez votre avis

La Fondation Dubuffet est heureuse d’annoncer sa réouverture après deux ans de travaux engagés pour une rénovation complète de ses espaces parisiens. A cette occasion, elle présente une exposition intitulée : “Ler dla canpane”. L’acquisition récente de deux œuvres datant de 1943, Paysage marbré et Cycliste aux nuages à pattes, donnent le ton à cette exposition dont le titre est emprunté au premier texte en jargon (phonétique) de Jean Dubuffet, Ler dla canpane, illustré de gravures sur fonds de boîtes de camembert et publié en 1948.


« SQON NAPELE LE PE ISAJE LA CANPANE IARIIN QI MANBETE COMSA LACANPA NE SE PLIN DLE GUME ONDIRE UNE SOUPE MI NESETRON » écrit-il en ouverture de son petit ouvrage.

Dubuffet confie ainsi son sentiment profond : la campagne l’ennuie, il n’y voit rien de beau. Point de vue incisif qu’il ne reniera pas avec les années, allant jusqu’à déclarer à propos du paysage des alentours de Vence, en 1961 « je ne lui trouve pas de beauté, au contraire, je dirais même qu’il m’irrite plutôt, mais enfin ce n’est pas une raison, on peint les choses qu’on aime, les choses qu’on déteste aussi, on peut peindre une chose comme cela, ne serait-ce que pour l’exorciser. […] Je considère qu’il n’y a qu’une notion qui joue, c’est la notion de la fascination.

Thème cher à Jean Dubuffet, tant détestable que fascinant, la campagne traverse l’ensemble de son œuvre. Néanmoins, c’est la fascination bien plus que la détestation qui conduit l’artiste à revenir sans cesse vers ce thème. Que ce soit les travaux des champs et les vaches dès les années 1940, la botanique et les jardins sauvages de Vence de la fin des années 1950 ou les paysages suburbains du Val-deMarne des années 1970, la campagne est paradoxalement fertile des premières aux dernières années de sa production.

Paysage marbré et Cycliste aux nuages à pattes, issus de la série des « Marionnettes de la campagne », offrent un point de départ significatif à l’exposition. La campagne y est déjà représentée de manière caractéristique, telle qu’il la décrit dans Ler dla canpane : les nuages « IZON DE PATE SINQSI PATE », les maisons « EZON DECHAPOPOUINTU», les arbres « IZON DE BRA COM LEJAN IZON DEDOI », les vaches « EZA RETEPA DBOUFE E MACHOUYE TOU LTAN ». Les effets de perspective sont maltraités, renvoyés dans les limbes d’un art académique que Dubuffet rejette. Le paysage se dresse à la verticale, ne laissant apparaître qu’un mince filet de ciel, qui se retrouve tout au long de son œuvre.

Si la campagne est parfois clairement le sujet, avec ses habitants (bêtes et bonhommes) dans les « Marionnettes de la campagne » ou dans la série des « Lieux abrégés », elle semble moins repérable dans ses travaux de la célébration du sol. Pourtant, au sein des « Texturologies », des « Topographies » ou des « Matériologies » jusqu’aux lithographies des « Phénomènes » Dubuffet l’aborde également. En véritable archéologue des sols ruraux, il explore ainsi tous les phénomènes de la nature.

 


Exposition Paris : “Ler dla canpane”

Dates : Du 21 octobre 2019 au 17 juillet 2020

Lieu : Fondation Dubuffet
137 rue de Sèvres
75006 Paris

Métro : Duroc (ligne 10)
Bus : lignes 28, 70, 82, 87, 89, 92

Horaires : Du lundi au vendredi de 14h à 18h. (sauf fériés)

Plein tarif : 8 euros

Tarif réduit  : 5 euros


Partager sur


Laisser un avis

Current day month ye@r *