Du 14 octobre 2026 au 01 février 2027
Onze mètres de large, douze de haut. Assemblée, la carte de Cassini couvre l’équivalent d’un immeuble de quatre étages. Jusqu’au 1er février 2027, les Archives nationales lui consacrent une exposition à l’hôtel de Soubise, en plein Marais. Elle est gratuite, et elle vaut le détour même si la cartographie ne vous passionne pas a priori.
Pourquoi cette exposition arrive maintenant
L’IGN (Institut national de l’information géographique et forestière) a confié aux Archives nationales les archives de la carte de France de l’Académie, en 2021 puis en 2025. On y trouve des calculs, des écrits, des minutes, mais aussi des plaques de cuivre gravées et des tirages originaux. Le fonds couvre la période allant de 1750 aux années 1950.
L’exposition s’appuie sur ces pièces pour raconter la fabrication de la carte et ce qu’elle est devenue ensuite. C’est ce qui la distingue d’un simple accrochage de cartes anciennes : on voit comment l’objet a été produit, financé, vendu et réutilisé pendant près de trois siècles.
Une carte, quatre générations de Cassini
Le projet occupe quatre générations d’astronomes et de cartographes de la famille Cassini, entre 1669 et 1793. Il est lié à la création de l’Académie des sciences en 1666 et de l’Observatoire de Paris en 1667. Les premiers travaux remontent aux levés de l’abbé Picard en 1668, et les dernières vérifications datent de 1790. Les derniers usages des cuivres s’étendent jusqu’au XXe siècle.
La carte a été portée par plusieurs pouvoirs successifs : Louis XIV et Colbert, Louis XV, puis Bonaparte. Entre 1756 et 1793, une société privée en a même financé une partie.
La triangulation, ou comment mesurer un royaume
Pour dresser une carte de cette précision, les équipes ont utilisé la triangulation. Le principe consiste à relier des points fixes (tours, clochers, collines) pour calculer des distances avec rigueur. Sur le terrain, les ingénieurs travaillaient avec des graphomètres à lunettes, des quarts de cercle et des lentilles-objectifs, des instruments de pointe pour l’époque.
Chaque métier avait ses consignes, fixées par Cassini III dans sa Description géométrique de la France en 1744 : levés, toponymie, calculs, dessin, signes conventionnels, gravure. Le travail de terrain a duré plus de 70 ans et s’est achevé en 1815.
Un détail que l’exposition met en avant : les habitants étaient sollicités pour nommer les lieux. Certains le faisaient à contrecœur, car ils devinaient que la monarchie voulait mieux gérer son territoire, mais aussi mieux le contrôler.
Des exemplaires pour tous les budgets, jusqu’au roi
La carte s’est diffusée sous des formes très variées, de l’exemplaire ordinaire à la version de prestige. Les libraires jouaient un rôle central : mise en couleur, entoilage, reliure, étui, baguette de suspension, tout se commandait à la carte. Parmi les pièces présentées, un exemplaire sur soie témoigne du rang de son propriétaire. Louis XVI et Marie-Antoinette comptent parmi les possesseurs de ces exemplaires d’exception.
Une carte qui a continué à servir
La carte de Cassini a servi de base cartographique lors de la création des départements en 1790. Certains usages administratifs, comme ceux touchant aux droits liés aux moulins, ont perduré jusqu’à aujourd’hui. Elle est aussi une source précieuse pour l’histoire de l’environnement et pour l’archéologie. Elle a enfin servi de modèle à la cartographie occidentale, dont elle a renouvelé les méthodes.
Pourquoi aller voir cette exposition ?
Pour l’échelle. On connaît la carte de Cassini en reproduction, sur un écran ou dans un manuel. Voir ce que représentent 181 feuilles assemblées, soit 11 mètres de large sur 12 de haut, change complètement la perception de l’objet. Ce n’est pas seulement un document scientifique, c’est une pièce monumentale.
Pour les pièces originales. L’exposition s’appuie sur le fonds versé par l’IGN aux Archives nationales : cuivres gravés, tirages originaux, calculs, minutes. Ces documents de fabrication sont rarement montrés au public, et ils permettent de comprendre comment on dessinait un pays entier au XVIIIe siècle.
Pour les exemplaires de prestige. Parmi les pièces présentées figurent un exemplaire sur soie et des cartes liées à Louis XVI et à Marie-Antoinette. On y voit que la carte était aussi un objet de luxe, que les libraires personnalisaient à la demande.
Pour l’histoire derrière la carte. Soixante-dix ans de travail de terrain, quatre générations de Cassini, des habitants parfois réticents à donner les noms de leurs lieux : l’exposition raconte une aventure humaine autant que scientifique.
Pour comprendre ce qu’il en reste. La carte a servi de base au découpage des départements en 1790, et certains usages administratifs, comme les droits liés aux moulins, existent encore. On repart avec une autre façon de lire une carte de France.
Parce que c’est gratuit et central. L’entrée ne coûte rien, et l’hôtel de Soubise se trouve dans le Marais. Le lieu mérite lui-même le déplacement, ce qui rend la visite facile à glisser dans une journée à Paris.
Pour les familles et les curieux. Quatre ateliers pédagogiques, un parcours d’art contemporain et plusieurs conférences permettent d’aller plus loin si la visite vous a donné envie d’approfondir.
Commissaires de l’exposition : Nadine Gastaldi, conservatrice générale du patrimoine, responsable de la mission Cartes et plans aux Archives nationales. Jérôme Séjourné, chargé d’études documentaires aux Archives nationales. Régis Lapasin, responsable du service des expositions, département de l’action culturelle et éducative aux Archives nationales.
Visuels : Détail, Affiche de l’exposition “La carte de France de Cassini. Une encyclopédie du territoire”. Portrait miniature de l’astronome César-François Cassini III de Thury, par Jean-Marc Nattier, aquarelle sur ivoire, vers 1750 ; The Walters Art Museum, Baltimore (États -Unis), 38.101.
💡 En savoir plus : Consultez notre sélection des expositions à Paris en ce moment pour planifier vos visites.
📌 INFORMATIONS PRATIQUES
Expo : La carte de France de Cassini. Une encyclopédie du territoire
Dates : Du 14 octobre 2026 au 01 février 2027
Lieu : Le musée des Archives nationales – L’hôtel de Soubise
60, rue des Francs-Bourgeois
75003 Paris
🕒 HORAIRES
- Lundi, mercredi, jeudi, vendredi : 10h – 17h30
- Samedi, dimanche : 14h – 17h30, 14h – 19h lors des grandes expositions
- Fermé tous les mardis
- Fermeture le 1er janvier, le 1er mai, le 25 décembre
📍 ACCÈS & TRANSPORTS
Métro : Hôtel de Ville (ligne 1), Rambuteau (ligne 11), Arts et Métiers (ligne 3).
Bus : lignes 29 et 75, arrêt Archives-Haudriettes ou Archives-Rambuteau.
🏷️ TARIFS
Exposition en accès libre (entrée gratuite)
💬 QUESTIONS FRÉQUENTES
📅 Dates et Horaires
Quelles sont les dates de l’exposition « La carte de France de Cassini » ?
Quels sont les jours et horaires d’ouverture ?
- Lundi, mercredi, jeudi, vendredi : De 10h00 à 17h30.
- Samedi et dimanche : De 14h00 à 17h30 (jusqu’à 19h00 lors des grandes expositions).
- Fermeture hebdomadaire : Tous les mardis.
- Fermetures exceptionnelles : Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.
🎟️ Tarifs et Billetterie
Quel est le tarif d’accès à l’exposition ?
🗺️ Thématique, Histoire et Œuvres
Qu’est-ce que la carte de Cassini et pourquoi est-elle exceptionnelle ?
Que découvre-t-on dans le parcours d’exposition ?
- Les coulisses de fabrication : Calculs, minutes, plaques de cuivre gravées et instruments scientifiques de mesure par triangulation.
- Des exemplaires d’exception : Tirages rares sur soie et cartes de prestige ayant appartenu à Louis XVI et Marie-Antoinette.
- L’impact historique et moderne : Le rôle de la carte dans le découpage des départements en 1790 ainsi que ses usages juridiques, archéologiques et environnementaux contemporains.
Des activités ou ateliers pédagogiques sont-ils proposés ?
📍 Emplacement et Accès
Où se trouvent les Archives nationales et comment s’y rendre ?
- Métro : Stations Hôtel de Ville (ligne 1), Rambuteau (ligne 11) ou Arts et Métiers (ligne 3).
- Bus : Lignes 29 et 75 (arrêts Archives-Haudriettes ou Archives-Rambuteau).