Réalités estoniennes au Musée d’Art Moderne de Paris

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Du 3 avril au 19 juillet 2026

Exposition gratuite | Infos

Pour la première fois, un musée français consacre une programmation entière aux créatrices estoniennes. Intitulée « Réalités estoniennes », l’exposition du MAM fait dialoguer les œuvres d’Olga Terri, d’Anu Põder et de Kris Lemsalu. Ce panorama intergénérationnel offre une plongée dans l’imaginaire d’un pays, témoignant des mutations artistiques depuis l’ère soviétique.


L’art estonien s’installe à Paris

Entre résilience historique et foisonnement culturel, l’Estonie s’expose au MAM. « Réalités estoniennes » met en lumière trois voix féminines majeures qui ont su préserver leur identité malgré les pressions géopolitiques. L’exposition s’articule autour d’une thématique centrale : le corps. Qu’il soit morcelé ou transformé, il est ici célébré comme un puissant vecteur symbolique et politique, témoignant des métamorphoses d’une nation.


Les trois artistes à l’honneur

► Anu Põder (1947-2013) : la grande redécouverte

Figure centrale de l’exposition, Anu Põder est l’une des plus belles redécouvertes de l’histoire de l’art ces dernières années. Sa pratique sculpturale, développée en marge des académismes de l’ère soviétique, repose sur des matériaux du quotidien — toile de jute, plastique, savon, papier d’aluminium — qui témoignent à la fois de la précarité de sa condition sous le régime et des bouleversements traversés par la société estonienne lors de l’indépendance du pays. Quelque quinze œuvres déploient un univers singulier où le corps de l’artiste se dessine en creux, dans des sculptures vulnérables et fragiles qui refusent toute figuration convenue.

► Olga Terri (1916-2011) : la peinture de l’après-guerre

Une salle dédiée réunit une série de portraits réalisés entre 1945 et 1950 par Olga Terri. Ces tableaux témoignent des traumatismes personnels et collectifs de l’immédiat après-guerre, alors que l’occupation nazie laissait place à l’occupation soviétique. Ses personnages mutiques, peints dans des couleurs sourdes et dans des postures relâchées, dégagent un sentiment de mélancolie profonde et d’un vacillement intérieur. Une œuvre sobre et poignante qui résonne encore aujourd’hui avec une force particulière.

► Kris Lemsalu (née en 1985) : la contemporanéité débridée

L’exposition se conclut par un dialogue avec le présent, à travers une installation monumentale et de nouvelles productions spécialement conçues pour l’occasion par Kris Lemsalu, plasticienne et performeuse parmi les plus remarquées de sa génération. Son univers extravagant et burlesque peuple l’espace d’êtres hybrides, entre humain et non-humain, mêlant panthéisme estonien et regard satirique sur la société contemporaine. Une proposition résolument contemporaine qui clôt l’exposition sur une note de vitalité et d’inventivité.


Pourquoi faire le détour par le MAM ?

Cette exposition est avant tout une première en France, brisant le silence sur une scène artistique trop longtemps méconnue. En réunissant trois regards féminins, elle propose une traversée inédite de l’histoire, de l’après-guerre à nos jours. Au-delà de la découverte géographique, « Réalités estoniennes » touche à l’universel en plaçant le corps humain — fragmenté, politique ou exubérant — au centre de sa réflexion. Grâce à une collaboration exceptionnelle avec les grandes institutions estoniennes et le Centre Pompidou, le MAM offre ici un parcours de haute volée, accessible gratuitement à tous les visiteurs.


Sources : Musée d’Art Moderne de Paris – MAM. Commissaire de l’exposition : Jean-Baptiste Delorme, conservateur au Musée d’Art Moderne de Paris assisté d’Emma Nordberg.
Visuel : détail, BAnu Põder Limpsijad (Lécheur·euse·s) 2007, treillis métallique, papier d’aluminium, textile. Anu Põder Estate. Photo : Hedi Jaansoo.

 

 

 

 

INFOS PRATIQUES

Expo : Réalités estoniennes

Dates : Du 3 avril au 19 juillet 2026

Lieu : Musée d’Art Moderne de Paris – MAM
11 Avenue du Président Wilson
75116 Paris


HORAIRES

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h.
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h30.


ACCÈS

Métro : ligne 9 – Arrêt Alma-Marceau ou Iéna
Station Vélib’:
45 avenue Marceau ou 3 avenue Bosquet
Bus :
lignes 32 (Iéna), 42 (Alma-Marceau), 72 (Musée d’Art moderne), 80 (Alma-Marceau), 82 (Iéna) et 92 (Alma-Marceau)


TARIFS

Entrée gratuite dans les collections.

 

 



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