{"id":9644,"date":"2026-09-11T10:56:56","date_gmt":"2026-09-11T08:56:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.exposition-paris.info\/galeries-art-paris\/?post_type=advert&#038;p=9644"},"modified":"2026-09-11T10:57:09","modified_gmt":"2026-09-11T08:57:09","slug":"rivieres-sans-retour","status":"publish","type":"advert","link":"https:\/\/www.exposition-paris.info\/galeries-art-paris\/advert\/rivieres-sans-retour\/","title":{"rendered":"Rivi\u00e8res sans retour"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00abRIVIERES SANS RETOUR\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Exposition solo du 16 septembre au 1O octobre 2026<\/p>\n<p><em>Vernissage : mercredi 16 septembre \u00e0 partir de 18h30<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Vanities Gallery pr\u00e9sente <em>Rivi\u00e8res sans retour<\/em>, un ensemble d\u2019huiles de Bernard de Wolff. La Seine, le Yangzi, la m\u00e9moire des fleuves d\u2019Amazonie : un peintre n\u00e9erlandais install\u00e9 \u00e0 Paris y accumule la couleur en couches si \u00e9paisses qu\u2019elles mettent parfois des ann\u00e9es \u00e0 s\u00e9cher. Il appelle cela sa <strong>\u00ab peinture braille \u00bb<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>UNE PEINTURE QUI SE LIT DE BIAIS<\/strong><\/p>\n<p>Il faut commencer par ce que l\u2019on voit avant d\u2019avoir rien compris : la mati\u00e8re. Chez Bernard De Wolff, l\u2019huile n\u2019est pas un moyen de figurer, c\u2019est un d\u00e9p\u00f4t. Les couches se superposent, se recouvrent, s\u2019\u00e9paississent jusqu\u2019\u00e0 former un relief qui accroche la lumi\u00e8re rasante et renvoie, selon l\u2019endroit o\u00f9 l\u2019on se tient, deux tableaux diff\u00e9rents.<\/p>\n<p><em>\u00ab Oil paint lives, it has an effect that other materials do not have \u00bb<\/em> \u2014 la peinture \u00e0 l\u2019huile est vivante, elle produit un effet qu\u2019aucun autre mat\u00e9riau ne donne. La formule est de l\u2019artiste, et elle est \u00e0 prendre au pied de la lettre : certaines de ses toiles s\u00e8chent encore.<\/p>\n<p>Le nom qu\u2019il donne \u00e0 cette pratique \u2014 \u00ab peinture braille \u00bb \u2014 est plus retors qu\u2019il n\u2019y para\u00eet. Le braille est une \u00e9criture que l\u2019on ne lit qu\u2019en la touchant ; un tableau est pr\u00e9cis\u00e9ment ce que l\u2019on ne touche pas. De Wolff fabrique donc une \u00e9criture tactile r\u00e9serv\u00e9e au seul regard, et transf\u00e8re au spectateur la charge du d\u00e9chiffrement : pour lire, il faut se d\u00e9placer, longer l\u2019\u0153uvre, laisser la lumi\u00e8re faire le travail que feraient les doigts. On songe \u00e0 sa formation \u2014 histoire de l\u2019art et arch\u00e9ologie classique \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d\u2019Amsterdam \u2014, discipline o\u00f9 l\u2019on apprend que la surface d\u2019un objet est d\u00e9j\u00e0 son r\u00e9cit, et que l\u2019usure en dit autant que l\u2019image.<\/p>\n<p><strong>CE QUE LE TITRE ENGAGE<\/strong><\/p>\n<p><em>Rivi\u00e8re sans retour<\/em> est le titre fran\u00e7ais du film d\u2019Otto Preminger de 1954. L\u2019emprunt n\u2019est pas d\u00e9coratif : De Wolff range Bu\u00f1uel, Fellini, Eisenstein, Visconti et Godard parmi ses ma\u00eetres, et il construit ses toiles comme des plans, avec un hors-champ.<\/p>\n<p>Mais le titre \u00e9nonce surtout une loi physique. Un fleuve se d\u00e9finit par l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019y revenir. <em>\u00ab L\u2019eau que tu touches dans les fleuves est la derni\u00e8re de celles qui s\u2019en sont all\u00e9es et la premi\u00e8re de celles qui viennent ; ainsi en est-il du temps pr\u00e9sent<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a>\u00bb<\/em>, notait L\u00e9onard de Vinci. L\u2019emp\u00e2tement de de Wolff ob\u00e9it \u00e0 la m\u00eame r\u00e8gle. Une couche pos\u00e9e ne se retire pas : elle se recouvre. Le tableau s\u2019\u00e9crit par alluvions, comme un lit de rivi\u00e8re, et conserve dans son \u00e9paisseur la m\u00e9moire de tous ses \u00e9tats ant\u00e9rieurs sans qu\u2019aucun soit r\u00e9cup\u00e9rable. C\u2019est, au sens technique du terme, une peinture sans repentir.<\/p>\n<p><strong>FILIATIONS : AU-DEL\u00c0 DE L\u2019\u00c9TIQUETTE IMPRESSIONNISTE<\/strong><\/p>\n<p>Guardi (1712-1793) et les impressionnistes sont bien l\u00e0, encore faut-il dire ce qui leur est pris. De Guardi, de Wolff ne retient pas la <em>veduta<\/em>, la ville-portrait ; il retient le <em>tocco<\/em>, cette touche bris\u00e9e qui r\u00e9duit les passants \u00e0 des virgules de mati\u00e8re et confie au ciel plus de travail qu\u2019\u00e0 l\u2019architecture. De l\u2019impressionnisme, il ne garde pas la clart\u00e9 mais l\u2019obstination : peindre le m\u00eame motif jusqu\u2019\u00e0 ce que le motif c\u00e8de.<\/p>\n<p>Deux g\u00e9n\u00e9alogies moins fr\u00e9quent\u00e9es \u00e9clairent mieux ce travail.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re est n\u00e9erlandaise et fluviale. <strong>Johan Barthold Jongkind (1819-1891)<\/strong>, Hollandais mont\u00e9 \u00e0 Paris, peignit la Seine et ses quais avant tout le monde ; Monet en fit son \u00ab vrai ma\u00eetre \u00bb. <strong>Jan Voerman (1857-1941)<\/strong>, rest\u00e9 \u00e0 Hattem, passa sa vie \u00e0 peindre l\u2019IJssel depuis la m\u00eame fen\u00eatre \u2014 un fleuve, mille fois. De Wolff, N\u00e9erlandais parisien depuis 2010, occupe exactement ce poste : celui de l\u2019\u00e9tranger qui enseigne \u00e0 un pays la lumi\u00e8re de ses propres eaux.<\/p>\n<p>La seconde est celle de la p\u00e2te. Il faut nommer ici <strong>Eug\u00e8ne Leroy (1910-2000)<\/strong>, dont les figures finissent englouties sous la mati\u00e8re au point qu\u2019on ne les trouve qu\u2019en les cherchant, et <strong>Leon Kossoff (1926-2019)<\/strong>, qui chargeait ses vues de Londres jusqu\u2019\u00e0 leur donner un poids de ma\u00e7onnerie. Chez ces trois-l\u00e0, l\u2019\u00e9paisseur n\u2019est pas un effet : c\u2019est du temps rendu visible.<\/p>\n<p>Reste une troisi\u00e8me direction, que l\u2019artiste revendique lui-m\u00eame et qui ne saurait \u00eatre anecdotique dans une galerie tourn\u00e9e vers la sc\u00e8ne chinoise : la tradition du lavis fond\u00e9e sous les Tang (618-907) et port\u00e9e par les moines-peintres, de <strong>Mu Qi (1210-1269)<\/strong> \u00e0 <strong>Sessh\u016b (1420-1506)<\/strong> \u2014 l\u2019art de laisser le vide travailler et de saisir l\u2019essence plut\u00f4t que la ressemblance. Qu\u2019un m\u00eame peintre revendique la p\u00e2te la plus lourde et l\u2019encre la plus \u00e9conome n\u2019est pas une contradiction : ce sont deux fa\u00e7ons de refuser la description.<\/p>\n<p><strong>L\u2019ACCROCHAGE<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019exposition r\u00e9unit des panneaux de quinze centim\u00e8tres de c\u00f4t\u00e9, peints sur carton, et des toiles d\u00e9passant le m\u00e8tre vingt. Trois fleuves y circulent, qui sont trois continents : la Seine (<em>La Seine<\/em>, <em>Vue on rue Royale<\/em>), le Yangzi (<em>Yangtze River with Birds<\/em>), et la m\u00e9moire amazonienne des ann\u00e9es pass\u00e9es au Surinam, o\u00f9 l\u2019artiste avait b\u00e2ti une maison en for\u00eat. Un motif y revient : le pont \u2014 seule construction humaine qui contredit la loi du fleuve, seul endroit o\u00f9 l\u2019on traverse sans se laisser emporter.<\/p>\n<p><strong>BERNARD DE WOLFF<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9 \u00e0 Amsterdam, Bernard De Wolff \u00e9tudie l\u2019histoire de l\u2019art \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d\u2019Amsterdam de 1982 \u00e0 1988 \u2014 arch\u00e9ologie classique, anthropologie culturelle, esth\u00e9tique et philosophie de la culture. Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de production vid\u00e9o pour le mus\u00e9e Allard Pierson, il se consacre \u00e0 la peinture dans les ann\u00e9es 1990 et expose aux \u00c9tats-Unis, o\u00f9 il donne des conf\u00e9rences sur la peinture de paysage. Il vit ensuite pr\u00e8s de dix ans \u00e0 Paramaribo, au Surinam. Il est install\u00e9 \u00e0 Paris depuis 2010.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> \u00ab L&rsquo;acqua che tocchi de&rsquo; fiumi \u00e8 l&rsquo;ultima di quella che and\u00f2 e la prima di quella che viene. Cos\u00ec il tempo presente. \u00bb dixit The Literary Works of Leonardo da Vinci (1883) &#8211; H\u00e9raclite d&rsquo;abord, par la voie doxographique (Platon, Cratyle 402a), puis S\u00e9n\u00e8que, Lettres \u00e0 Lucilius 58, 23 \u2014 in idem flumen bis descendimus. Mais la source la plus probablement imm\u00e9diate est Ovide, M\u00e9tamorphoses XV, le discours de Pythagore : ut unda impellitur unda\u2026 sic tempora nostra fugiunt, o\u00f9 l&rsquo;eau qui pousse l&rsquo;eau sert explicitement d&rsquo;image du temps. L\u00e9onard connaissait Ovide, et c&rsquo;est du livre XV que vient le raccourci de sa derni\u00e8re phrase, ce \u00ab cos\u00ec il tempo presente \u00bb qui fait basculer d&rsquo;un constat d&rsquo;hydraulique \u00e0 une th\u00e8se sur la dur\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Vanities Gallery<\/strong><\/p>\n<p>17, rue Biscornet 75012 Paris<\/p>\n<p>Du mardi au samedi de 10h30 \u00e0 18h30<\/p>\n","protected":false},"author":480,"template":"","advert_category":[16],"class_list":["post-9644","classified","type-advert","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","advert_category-art-contemporain"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.exposition-paris.info\/galeries-art-paris\/wp-json\/wp\/v2\/advert\/9644","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.exposition-paris.info\/galeries-art-paris\/wp-json\/wp\/v2\/advert"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.exposition-paris.info\/galeries-art-paris\/wp-json\/wp\/v2\/types\/advert"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.exposition-paris.info\/galeries-art-paris\/wp-json\/wp\/v2\/users\/480"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.exposition-paris.info\/galeries-art-paris\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9645"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.exposition-paris.info\/galeries-art-paris\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9644"}],"wp:term":[{"taxonomy":"advert_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.exposition-paris.info\/galeries-art-paris\/wp-json\/wp\/v2\/advert_category?post=9644"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}