{"id":8249,"date":"2025-05-29T16:39:00","date_gmt":"2025-05-29T14:39:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.exposition-paris.info\/galeries-art-paris\/?post_type=advert&#038;p=8249"},"modified":"2025-06-28T16:39:46","modified_gmt":"2025-06-28T14:39:46","slug":"exposition-sutures-dun-monde-disloque-de-lu-hang","status":"expired","type":"advert","link":"https:\/\/www.exposition-paris.info\/galeries-art-paris\/advert\/exposition-sutures-dun-monde-disloque-de-lu-hang\/","title":{"rendered":"Exposition \u00ab\u00a0Sutures d&rsquo;un monde disloqu\u00e9\u00a0\u00bb de Lu Hang"},"content":{"rendered":"<h3><strong>\u00ab\u00a0<\/strong>SUTURES D\u2019UN MONDE DISLOQUE<strong>\u00bb<\/strong><\/h3>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>Exposition du 7 juin au 12 juillet 2025<\/p>\n<p><strong><em>Vernissage le samedi 7 juin 2025 \u00e0 partir de 18h30 <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong>Il existe des \u0153uvres qui ne d\u00e9crivent pas l\u2019effondrement : elles en \u00e9pousent la forme int\u00e9rieure. Chez <strong>Hang LU<\/strong>, ce n\u2019est pas l\u2019Histoire qu\u2019on raconte, c\u2019est sa combustion lente. La mati\u00e8re picturale devient la chambre d\u2019\u00e9cho d\u2019un monde en dislocation o\u00f9 subsistent, comme en creux, des gestes de survie.<\/p>\n<p>Cette exposition s\u2019ouvre comme une blessure : b\u00e9ante, silencieuse, irr\u00e9versible. Les figures qu\u2019elle convoque ne sont ni all\u00e9goriques ni documentaires. Elles surgissent d\u2019un vide, en pleine perte de sens, comme si l\u2019humanit\u00e9, prise dans un dernier spasme, dansait sa propre extinction. Inspir\u00e9 par la \u00ab danse \u00e9pid\u00e9mique \u00bb survenue \u00e0 Strasbourg en 1518, <strong>Hang LU<\/strong> ne cite pas : il transpose. Il transforme cet \u00e9pisode d\u00e9lirant en geste pictural, o\u00f9 la transe devient un langage formel.<\/p>\n<p>Ces corps convulsifs \u00e9voquent les fulgurances de <strong>Matthias Gr\u00fcnewald<\/strong> (v. 1470\u20131528) dans le <em>Retable d\u2019Issenheim<\/em>, o\u00f9 la douleur se fait structure. La contagion ici n\u2019est pas m\u00e9dicale, mais psychique \u2013 un vertige partag\u00e9, une pulsion d\u2019effondrement chor\u00e9graphi\u00e9e, contaminant jusqu\u2019\u00e0 la mati\u00e8re m\u00eame du tableau.<\/p>\n<p>\u00c0 ces figures s\u2019ajoutent l\u2019\u00e9chos bestial \u00e0 la <strong>Jean Fautrier<\/strong> (1898\u20131964), des visages lac\u00e9r\u00e9s comme des \u00e2mes peintes par <strong>Francis Bacon<\/strong> (1909\u20131992), et des formes hybrides, entre l\u2019humain et le monstrueux, dans la veine des chim\u00e8res m\u00e9di\u00e9vales ou de <strong>Max Ernst<\/strong> (1891\u20131976). Ces pr\u00e9sences hantent la toile comme des intersignes de la catastrophe, non pas spectaculaires mais larv\u00e9s.<\/p>\n<p>Un motif r\u00e9current s\u2019impose : la <em>suture<\/em>. Visible ou invisible, elle relie les fragments, mais sans les gu\u00e9rir. C\u2019est une couture d\u2019apr\u00e8s la d\u00e9chirure, une tentative de coh\u00e9rence dans un monde disloqu\u00e9. Elle fait \u00e9cho \u00e0 la notion d\u2019<em>image bless\u00e9e<\/em> chez <strong>Georges Didi-Huberman<\/strong> (<em>La ressemblance par contact<\/em>, 2008), o\u00f9 l\u2019image devient trace traumatique plut\u00f4t que repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p>La <em>macabre danse<\/em> des personnages r\u00e9pond \u00e0 un silence plus profond, celui de la mati\u00e8re. Un mutisme pictural qui rejoint les r\u00e9flexions de <strong>Susan Sontag<\/strong> sur la souffrance muette de l\u2019image dans <em>Regarding the Pain of Others<\/em> (2003). LU ne montre pas : il infecte. L\u2019image est contamin\u00e9e, satur\u00e9e de silence et de rouge \u2013 un rouge qui n\u2019orne pas, mais qui suinte, suppure, consume.<\/p>\n<p>Dans cette figuration contamin\u00e9e apparaissent aussi des \u00e9chos de <strong>Fernand L\u00e9ger<\/strong> (1881\u20131955) : non dans la g\u00e9om\u00e9trie joyeuse, mais dans la m\u00e9canisation des volumes, devenu automate existentiel. Ces figures, d\u00e9shumanis\u00e9es mais encore habit\u00e9es par un souffle, rappellent les tensions entre machine et chair dans l\u2019entre-deux-guerres, cette \u00e9poque d\u00e9j\u00e0 hant\u00e9e par l\u2019effondrement \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Au loin r\u00f4dent les Quatre Cavaliers \u2013 non pas repr\u00e9sent\u00e9s, mais insinu\u00e9s dans le tissu m\u00eame du tableau. Guerre, peste, famine, mort : autant d\u2019\u00e9tats d\u2019\u00e2me que de ph\u00e9nom\u00e8nes historiques. Par leur \u00e9vocation subtile, LU s\u2019inscrit dans la filiation de <strong>Francisco de Goya<\/strong> (1746\u20131828), et de ses <em>Caprichos<\/em>, o\u00f9 la raison capitule face aux monstres du songe.<\/p>\n<p>Les chiens de LU errent comme des anges sans ciel. Les humains y dansent comme des corps sans organe \u2013 selon la formule de <strong>Deleuze et Guattari<\/strong> (<em>Mille Plateaux<\/em>, 1980), qui d\u00e9signe un corps lib\u00e9r\u00e9 de ses fonctions biologiques, r\u00e9duit \u00e0 un vecteur de flux, de douleur ou de d\u00e9sir.<\/p>\n<p>Cette exposition est moins une proposition plastique qu\u2019un champ de tensions silencieuses, o\u00f9 se croisent la m\u00e9moire des saints sans \u00e9glise, la beaut\u00e9 des figures sans salut, et la persistance d\u2019un souffle sans voix. Une travers\u00e9e de la mati\u00e8re comme on traverse une crise, avec cette conviction muette que la peinture peut encore, malgr\u00e9 tout, faire sympt\u00f4me.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Vanities Gallery<\/strong><\/p>\n<p>17 rue Biscornet 75012 Paris<\/p>\n<p>du Mardi au Samedi de 10h30 \u00e0 18h30<\/p>\n","protected":false},"author":480,"template":"","advert_category":[16,15,3,8],"class_list":["post-8249","classified","type-advert","status-expired","hentry","advert_category-art-contemporain","advert_category-beaux-arts","advert_category-peintures","advert_category-vernissages"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.exposition-paris.info\/galeries-art-paris\/wp-json\/wp\/v2\/advert\/8249","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.exposition-paris.info\/galeries-art-paris\/wp-json\/wp\/v2\/advert"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.exposition-paris.info\/galeries-art-paris\/wp-json\/wp\/v2\/types\/advert"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.exposition-paris.info\/galeries-art-paris\/wp-json\/wp\/v2\/users\/480"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.exposition-paris.info\/galeries-art-paris\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8249"}],"wp:term":[{"taxonomy":"advert_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.exposition-paris.info\/galeries-art-paris\/wp-json\/wp\/v2\/advert_category?post=8249"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}