Voici Paris – Modernités photographiques 1920-1950


Du 17 octobre 2012 au 14 janvier 2013


Informations pratiques | Donnez votre avis

Grâce à l’entrée à l’automne 2011 de la collection photographique Christian Bouqueret au Centre Pompidou – le dernier grand ensemble en mains privées de près de 7 000 images de l’entre-deux-guerres -, l’exposition « Voici Paris » dresse, en quelque 300 images, le portrait encore inédit de la création photographique en France à l’époque la plus flamboyante de son histoire.


Paris, carrefour de la modernité
Après la Première Guerre mondiale, Paris devient « l’endroit où il faut être » (Gertrude Stein). Avant-gardistes, reporters, illustrateurs, photographes commerciaux… De 1920 à 1950, la Ville Lumière, telle un véritable aimant, attire les photographes Man Ray (États-Unis), Germaine Krull, Erwin Blumenfeld (Allemagne), André Kertész, Brassaï (Hongrie) et bien d’autres encore. Ils s’installent et travaillent à Paris aux côtés des photographes français Henri Cartier-Bresson, Claude Cahun, Jean Moral, Daniel Masclet ou encore Pierre Boucher…

L’œil nouveau
Cherchant à se libérer de la tradition picturale, dès le milieu des années 1920, la Nouvelle Vision qui se fait jour à travers la photographie prend volontiers pour sujets les signes de la modernité (Éli Lotar, Locomotive, vers 1929 ; Germaine Krull, Tour Eiffel, 1927 ; André Steiner, Poteau télégraphique, vers 1935). Ces signes sont pris dans une écriture formelle qui flirte avec l’abstraction (François Kollar, Étude sur le bougé, vers 1935 ; Yvonne Chevalier, 100 km à l’heure, vers 1932 ; Aurel Bauh, Pylône vu en contre-plongée, vers 1935). Quittant le naturalisme, la représentation des corps est elle aussi transfigurée par la surimpression, la fragmentation et le gros plan (Jean Moral, L’œil, vers 1930). Le « nouveau photographe », définitivement urbain, sort de son laboratoire pour d’expérimentales plongées dans la rue (Pierre Boucher, Foule, vers 1935 ; Marianne Breslauer, La Rotonde, 1930).

Retour à la vie sociale
La photographie de la décennie suivante – avec la crise de 1929 et la récession économique puis la victoire du Front populaire – est marquée par un retour à des sujets sociaux (André Paillon, La misère, 1935). On photographie la France du travail (Brassaï, Le vitrier, vers 1933 ; Aurel Bauh, Sortant des mines, vers 1935). Les premiers congés payés donnent également lieu à de nombreuses images sur l’apprentissage du temps libre ; ainsi la célèbre photographie prise en 1936 par Henri Cartier-Bresson, Bords de Seine (1936). Entre détente et travail, le monde de la nuit appelle les photographes (Germaine Krull, Danseuse de cabaret, 1930 ; Brassaï, Pavés de nuit, vers 1931).

L’imagier moderne
Avec un essor sans précédent de l’édition et de la presse, le domaine de la photographie s’étend comme moyen de subsistance mais aussi d’expression, illustrant les articles de journaux et de magazines, diffusant la dernière mode, faisant la publicité d’un nouveau produit (Laure Albin-Guillot, Étude publicitaire pour le lait, vers 1933), mais aussi accompagnant la littérature d’avant-garde (Bêtes, photographiées par Ylla, de Jacques Prévert, NRF, 1950). Entre texte et image, se dessinent les nouveaux rapports du langage de la modernité.

L’intérieur de la vue
De l’image documentaire (Daniel Masclet, Matelas sortant d’une fenêtre, 1939) aux expérimentations les plus élaborées (André Kertész, Distorsion, 1933 ; Raoul Ubac, Objets solarisés, 1939 ; Aurel Bauh, Photogramme, 1931), l’image photographique se met au service du mouvement surréaliste. Exploitant le réalisme photographique (Jean Painlevé, Gueule de poisson de face, vers 1930 ; Dora Maar, Monstre sur la plage, 1936) ou au contraire le retournant comme un gant (Luis Buñuel, Un chien andalou, 1929 ; Man Ray, L’étoile de mer, 1928), l’image devient un outil privilégié de l’exploration de l’automatisme, si cher au surréalisme.

Le retour à l’ordre
Autre tendance, à rebours du surréalisme et à l’opposé des points de vue basculés de la Nouvelle Vision : face aux excès du modernisme, on assiste à une résurgence des tendances les plus classiques, avec une multiplication d’images au secours de l’antique, du drapé, de la nature morte ou du portrait (Daniel Masclet, Portrait classique, 1927 ; Pierre Adam, Athlète Martiniquais, 1935 ; André Steiner, Le Masque de pierre, 1932)

 


Exposition : Voici Paris – Modernités photographiques 1920-1950

Dates : Du 17 octobre 2012 au 14 janvier 2013

Lieu :  Centre Pompidou – Galerie d’art graphique – niveau 4
Place Georges Pompidou
75004 Paris
Métro : Rambuteau (ligne 11), Hôtel de Ville (lignes 1, 11), Châtelet (lignes 4, 7, 11, 14)
Bus : lignes 21, 29, 38, 47, 58, 69, 70, 72, 74, 75, 76, 81, 85, 96
RER : Châtelet-Les Halles (RER A, B, D)
Parking : Parc autos payant : entrée par la rue Beaubourg et par la voie souterraine des Halles.

Horaires : Exposition ouverte tous les jours de 11h à 21h,  sauf le mardi.

Plein tarif : 13 à 10 euros, selon période.

Tarif réduit  : 11 à 9 euros, selon période.

Gratuit : Pour les adhérents du Centre Pompidou (porteurs du laissez-passer annuel) et les moins de 26 ans.


Partager sur

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
avatar
wpDiscuz